En effet ils peuvent être de tout genre et tout style, provocants ou consensuels, anciens ou récents, faire du rock, de la soul, de la pop, que sais-je encore, mais ils ont deux points communs :
1. Je n'apprécie pas leur musique
2. J'aurais vraiment voulu l'apprécier !
Il s'agit d'artistes que j'ai croisés dans des livres, des documentaires, par le bouche à oreille ou par des amis, et qui ont généralement une certaine aura, qu'il s'agisse de leur engagement, d'un rapport particulier au monde ou à leur public ou de la reconnaissance du milieu artistique.
De ce fait, au moment de l'écoute mes attentes sont généralement fortes et la barre est placée très haut.
Je m'attend à un moment exceptionnel, à une avalanche d'émotions, à une rencontre.
Et puis en fait, rien.
Pas de ressenti particulier, même après plusieurs écoutes, pas plus de kiff que ça, pas d'émotion renversante. Et donc une déception (un peu stupide) et le sentiment de passer à côté de quelque chose.
J'ai connu ça avec les Beatles, que je n'aurais pas forcément aimé aimer, mais dont un ami proche était fan jusqu'au bout des ongles et m'a fait écouter toute la discographie, sans que ça prenne.
Plus marquant a été Jimi Hendrix.
J'étais en pleine période hippy/hard rock quand je me suis penché sur l’œuvre de ce guitariste légendaire.
J'ai récupéré un grand nombre de ses albums, quelques pirates, écouté et réécouté, je me suis même un peu forcé à l'enthousiasme...pour finir par être honnête avec moi-même et admettre que je n'aimais pas plus que ça, qu'il manquait quelque chose pour que ça me touche vraiment.
Johnny Hallyday, que j'évoque dans un autre post ICI, a été un cas un peu plus ambivalent.
J'étais attiré par la reconnaissance unanime de ses pairs et par sa légende, tout en étant à la fois rebuté et stimulé par la hargne que beaucoup de souvent insupportables artistes engagés avaient envers lui.
Quoi qu'il en soit, à part quelques titres, ça n'a pas plus collé que ça non plus.
Une sous-catégorie sont des artistes que j'admire pour leur démarche, leur originalité assumée et l'univers qu'ils se sont créés, mais dont ledit univers m'est impénétrable.
Je pense à l'extraordinaire Queen, que j'ai découvert à la mort de son emblématique chanteur.
Voilà un groupe qui ne ressemblait à aucun autre, qui savait allier à un rock puissant, flirtant souvent avec le hard, une originalité et une flamboyance qui n'étaient qu'à eux.
Qu'on songe à leur Bohemian rhapsody, cet OVNI défiant tous les formats qui a néanmoins réussi à devenir un hymne mondial.
Je pense aussi à Björk, que j'ai beaucoup écoutée, dont j'ai acheté les disques et que j'ai même été voir en concert.
Aujourd'hui je pense avoir été attiré par l'originalité au moins autant que par l’œuvre, et j'ai bien du mal à écouter ses albums en entier.
Côté français, j'éprouve une très grande admiration pour les Rita Mitsouko.
Catherine Ringer est une performeuse incroyable, dotée d'une voix magnifique et d'un style qui lui est propre, et elle a pondu avec feu son mari des chansons théâtrales, bizarres, vaguement inquiétantes et qui ont marqué.
Là encore j'ai essayé, j'aurais adoré aimé, mais ça n'a pas pris.
Je peux aussi citer Django Rheinhardt, Oum Khalsoum, Mylène Farmer ou Léo Ferré comme artistes dont l'aura m'a attiré mais qui m'ont, à part quelques titres, globalement laissé froid, que j'ai insisté ou non.
Aujourd'hui je ne m'encombre plus de préventions sur ce qu'il faut écouter ou sur ce qu'il ne faut pas écouter, et je n'ai plus de gêne à assumer certains goûts.
Mais il m'arrive encore de ressentir cette déception, voire amertume, pour quelqu'un que j'ai fantasmé longtemps et qui ne correspond pas à ce dont j'avais rêvé.
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