vendredi 18 mars 2016

Humour (4): Humour informaticien

Au cours de ma vie étudiante puis professionnelle, j'ai eu l'occasion de fréquenter bon nombre d'informaticiens, et parmi eux beaucoup de techniciens, qu'il s'agisse de programmeurs, d'intégrateurs, d'architectes ou de tout autre de ces professionnels qui ont les mains "dans le cambouis" du logiciel.

Bien sur, tous ces gens ont des profils et des caractères différents. Mais il n'en existe pas moins une culture bien particulière, avec un type d'humour geek associé et d'innombrables blagues.

Celles-ci mettent généralement en scène une caricature du programmeur passionné, timide, voire asocial et décrivent ses difficultés à interagir avec le reste du monde.

Dans le post d'aujourd'hui je recenserai une liste de ces blagues "de programmeur" que j'aime bien. Si certaines paraîtront incompréhensibles au commun des mortels, ceux dont je parle s'y reconnaitront.

======================== Projets informatiques ========================

Les logiciels et les cathédrales, c'est un peu la même chose. D'abord tu construis, et après tu pries !

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La première chose à savoir sur un projet informatique c'est que la première moitié prend généralement 95% du temps de l'effort total. Malheureusement, la deuxième moitié prend aussi 95% de l'effort total.

============================ Devinettes ===========================

Question: de combien de programmeurs a-t-on besoin pour changer une ampoule?
Réponse: zéro, c'est un problème de hardware.

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Sur une plage, un programmeur est en train de se noyer sans que les maitres-nageurs bougent un orteil malgré ses cris.
Question: Pourquoi?
Réponse: Parce qu'il crie "F1 !! F1 !!!"

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Question: Qu'utilisent les programmeurs comme moyen de contraception?
Réponse: leurs personnalités...

==================== L'informaticien et les autres jobs =================== 

Un physicien, un ingénieur et un programmeur sont dans une voiture, en train de descendre d'une montagne. Tout a coup les freins lâchent et la voiture va de plus en plus vite, jusqu'à ce qu'elle se crashe sur une barrière de sécurité, ce qui leur sauve la vie.

Terrifiés et soulagés, ils s'arrêtent et commencent à essayer de comprendre ce qui vient de leur arriver.

Le physicien dit: "Il nous faut modéliser l'effet de la friction sur la température des plaquettes de frein, de façon à trouver à quel moment on atteint le point dangereux."

L'ingénieur dit: "Il y a quelques outils dans le coffre, je vais les prendre et jeter un oeil sur la mécanique."

Le programmeur dit: "Il faudrait essayer de reproduire le bug. On remonte dans la voiture?"

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Un ingénieur, un mathématicien et un programmeur roulent en bagnole lorsqu'un de leurs pneus crève.

L'ingénieur dit qu'on devrait acheter un nouveau pneu.

Le mathématicien dit qu'on doit vendre le vieux pneu et en acheter un neuf.

Le programmeur dit qu'on doit rouler pour voir si le pneu ne va pas se réparer tout seul.

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Un programmeur et un business analyst sont assis dans la cantine et mangent tranquillement, quand tout à coup le micro ondes prend feu.

Rapidement, le business analyst bondit, débranche le micro ondes, attrape la poubelle, la remplit d'eau puis la vide sur le micro ondes en feu.

Quelques semaines plus tard, le même business analyst et le même programmeur prennent de nouveau leur repas ensemble et c'est la machine à café qui prend feu.

Immédiatement le programmeur se précipite, attrape la machine à café, la met dans le micro ondes, puis tend la poubelle au business analyst.

- Mais pourquoi fais-tu ça? s'exclame celui-ci.

- Parce qu'il faut toujours réutiliser une solution qui a marché dans un précédent projet, répond le programmeur.

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En route pour une réunion de vente, un commercial, un chef de projet et un programmeur se font kidnapper.

Comme leur employeur refuse de payer la rançon, les kidnappeurs décident de les tuer et leur demandent leurs derniers souhaits.

- Le commercial: "Je voudrais pouvoir présenter l'offre que j'avais prévue d'exposer à la réunion d'aujourd'hui. Elle est vraiment bien faite et ça ne prendra qu'une heure..."

- Le chef de projet: "Je voudrais décrire l'architecture que j'avais envisagée. C'est un PowerPoint de seulement 92 slides."

- Le programmeur: "Tuez-moi le premier."

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Un homme qui fait un tour en montgolfière réalise tout à coup qu'il est complètement perdu. Avisant un autre ballon un peu plus bas, il manœuvre pour s'en rapprocher et crie à son pilote:
- Excusez-moi, pouvez-vous me dire où je suis?
- Oui, vous êtes dans une montgolfière, en train de voler à 30 pieds au-dessus de ce champ, répond l'autre.

Un silence, puis le premier reprend:
- Vous, vous travaillez dans l'IT, non?
- Oui, comment avez-vous deviné?- C'est simple, tout ce que vous m'avez dit est techniquement correct, mais ne sert absolument à rien !

Un autre silence puis le second réplique:
- Et vous, vous travaillez dans le management, n'est-ce pas?
- C'est exact! Mais comment le savez-vous?
- Facile. Premièrement vous ne savez ni où vous êtes ni où vous allez, mais vous attendez de moi que je vous aide. Et deuxièmement, maintenant vous en êtes au même point qu'avant de m'avoir rencontré, mais c'est devenu de ma faute.

=================== Les informaticiens, le sexe et le couple ==================

Un groupe de programmeurs se rencontre. L'un d'entre eux commence à raconter sa dernière soirée.
- Figurez-vous qu'hier j'étais à une soirée et qu'une fille est venue direct vers moi et a commencé à me draguer.
- La classe. Et ?
- Ben elle insistait tellement que je l'ai emmenée chez moi.
- Merde ! Et ensuite?
- Une fois arrivée, elle m'a souri et a commencé à se déshabiller.
- Wow ! Et après?
- Quand elle était entièrement nue, elle s'est assise sur mon bureau, à côté de mon PC.
- Et t'as quoi comme bécane?

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Journal de la femme du programmeur

Hier soir mon mari était très bizarre.

On avait prévu d'aller manger dans un super restaurant. Comme j'avais passé la journée à faire du shopping avec les copines et que j'étais en retard, j'ai eu peur qu'il soit fâché, mais il n'a rien dit.

Pendant tout le repas, la conversation était nulle, il ne disait rien, répondait par monosyllabes en gardant un vague sourire.

Quand je lui ai demandé s'il voulait qu'on parte, qu'on aille dans un endroit plus cool ou qu'on rentre, il m'a dit oui sans y penser.

Je lui ai demandé ce qui n'allait pas et il m'a dit rien.

Je lui ai demandé s'il était en colère à cause de moi, il a dit qu'il n'était pas en colère, qu'il n'avait rien contre moi et que je ne devais pas m'inquiéter.

Sur la route de la maison, je lui ai dit que je l'aimais. Il a souri vaguement, mais n'a ni réagi, ni répondu et a continué à conduire. Je n'arrive pas à le comprendre, je ne m'explique pas pourquoi il n'a pas dit "je t'aime aussi".

En arrivant à la maison, j'avais l'impression de l'avoir totalement perdu, comme s'il ne voulait plus rien de moi.

Il s'est immédiatement assis sans dire un mot devant la télé, restant distant et absent.

Comme le silence était trop pesant, je suis partie me coucher.

Un quart d'heure plus tard il m'a rejoint, mais n'a rien fait, exactement comme si je n'étais pas là.

Au bout d'un moment il s'est endormi et j'ai commencé à pleurer.

Je ne sais pas quoi faire, je suis sure qu'il en aime une autre.

Ma vie est un désastre.

Journal du programmeur

Mon code ne marche plus. J'arrive pas à trouver ce putain de bug.

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Un jour tu m'as demandé ce qui avait la place numéro un pour moi: toi ou la programmation.

Quand je t'ai dit que c'était la programmation, tu es immédiatement partie, sans me laisser le temps de te dire que tu avais la place zéro...

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Deux programmeurs se retrouvent au parc pour le déjeuner.

- Dis donc, tu as un super vélo! Je parie qu'il t'a coûté un bras...
- Pas un centime!
- Comment t'as fait pour l'avoir gratos?
- Simple, l'autre jour je suis venu manger au parc, et une magnifique nana est arrivée à vélo et s'est garée près de moi. Puis, après avoir vérifié qu'on était seuls, elle s'est déshabillée, s'est approchée de moi et m'a dit que je pouvais avoir tout ce que je voulais d'elle.
- Tu as bien fait de choisir le vélo, je parie que ces fringues valaient beaucoup moins.

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Sur une route, une grenouille s'approche d'un passant et lui dit:
- Si tu m'embrasses, je me transformerais en une magnifique princesse.

Un peu surpris, l'homme se baisse et ramasse la grenouille, puis la met dans sa poche.

La grenouille reprend:
- Si tu m'embrasses et que je me transforme en une magnifique princesse, je resterais une semaine avec toi.
L'homme la ressort de sa poche, la regarde en souriant, puis la remet dans sa poche.

La grenouille continue:
- Si tu m'embrasses et que je me transforme en une magnifique princesse, je resterais avec toi et je ferais tout ce que tu veux.
Une nouvelle fois, l'homme sort le batracien de sa poche, le regarde en souriant, puis le remet dans sa poche.

La grenouille crie alors:
- Mais bordel, qu'est-ce qu'il y a? Je t'ai dit que je suis une magnifique princesse, que je resterais une semaine avec toi et que je ferais tout ce que tu veux! Pourquoi tu ne m'embrasses pas ????
L'homme la ressort de nouveau et répond:
- Tu sais, je suis un programmeur et je n'ai pas de temps à perdre avec une copine. En revanche, une grenouille qui parle, c'est super cool.

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Un avocat, un docteur et un programmeur discutent.

L'avocat: "Les gars, la seule façon valable d'être avec une femme, c'est d'en faire sa maitresse. Comme ça, pas de risque de divorce avec les procès et tout ce qui s'ensuit".

Le docteur: "Tu rigoles? Avec toutes les MST qui trainent, il vaut mieux avoir une épouse bien à soi."

Le programmeur: "En fait, il faut avoir une femme et une maîtresse. Comme ça quand tu n'es pas avec ta maitresse, elle pense que tu es avec ta femme, quand tu n'es pas avec ta femme, elle pense que tu es avec ta maitresse, et ça te laisse plus de temps pour coder."

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Un naufrage laisse trois survivants sur une île déserte: une fille, un homosexuel et un informaticien.

Tant bien que mal, ils arrivent à survivre et à s'installer, mais au fur et à mesure que le temps passe, les tensions commencent à apparaitre entre eux.

Un soir que l'homo est parti chercher du bois pour le feu, la fille s'approche tout près de l'informaticien, prend une pause suggestive et lui susurre d'une voix sensuelle:
- Je ne supporte plus cette sale pédale et son caractère de chien. Si tu m'en débarrasses, je te promets que tu retrouveras une vie sexuelle normale.

L'informaticien ne dit rien, et comme l'homo rentre de la corvée, tout le monde va se coucher.

Le lendemain soir, c'est la fille qui est de corvée. Dès qu'elle est hors de vue, l'homo s'approche de l'informaticien, pose sa main sur sa cuisse et tout en lui lançant un regard plein de promesses, lui dit:
- Je suis sur que comme moi tu en as marre de cette espèce de salope et de son caractère de merde, et j'ai bien vu qu'elle ne t'inspire rien. Si tu m'en débarrasses, je te promets que tu retrouveras une vie sexuelle normale.

Cette fois non plus, l'informaticien ne dit rien, et comme la fille rentre de la corvée, tout le monde va se coucher.

Le lendemain matin, l'informaticien se lève le premier sans bruit, il tue la fille, il tue l'homosexuel...et il retrouve une vie sexuelle normale.

=============================== Divers ==============================  

Un type, debout au coin de la rue, fume clope sur clope.

Arrive une fille qui lui dit:
- Hé, tu ne sais pas que ces saloperies tuent? Et puis, tu n'as pas pas vu l'avertissement géant sur le panneau?
- Si, répond le gars en continuant à tirer sur sa clope, Mais je suis un programmeur.
- Et alors ?
- Et bien nous, on ne s'occupe pas des avertissements, mais seulement des erreurs.
(Bon, pour vraiment bien comprendre il faudrait prendre le terme anglais "Warning" au lieu d'avertissement).

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Un programmeur marche le long d'une plage, lorsqu'il tombe sur une lampe. Il la frotte, et un génie apparait qui lui dit:
- Je suis le plus puissant génie du monde. Demande-moi un vœu, un seul, et je l'exécuterai!

Le programmeur sort alors une carte de son sac, y pointe le doigt et demande:

- Je voudrais que tu ramènes la paix au Proche-Orient.
- Euh, répond le génie, ce n'est peut-être pas si simple. Tous ces gens se bastonnent depuis si longtemps...on dirait que tu as atteint mes limites...tu n'as pas un autre voeu?
- Bon, dans ce cas voilà. Je suis un programmeur, et les logiciels que je fais ont des centaines d'utilisateurs. Je voudrais que tous mes utilisateurs soient satisfaits!

Un silence, puis le génie reprend:
- Bon, revoyons un peu cette carte...

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Un homme entre dans une animalerie.

Dans une cage, ils voit trois singes, chacun avec un ordinateur portable sur les genoux. Intrigué, il demande au vendeur de lui expliquer ce qu'ils font et comment ils sont arrivés là.

- Ces singes sont des programmeurs, lui dit l'employé. Celui-ci par exemple peut faire 200 lignes de C++ en une heure. Il coûte 100€ seulement.
 Pendant ce temps, le premier singe tape comme un forcené, concentré sur son écran où défilent les lignes.

- Incroyable! Et le deuxième?
- Et bien lui il connait C++ et Java, et il est encore plus rapide. Il coûte 1.000€.
Et en effet, les doigts de l'animal semblent littéralement voler sur son clavier.

- C'est fantastique ! Et le troisième?
- Et bien celui-là coute 10.000€.
- 10.000€! Qu'est-ce qu'il sait faire pour valoir autant?
- En fait, quand on les a eus tous les trois, alors que les deux autres se jetaient sur leurs PC, lui restait assis à ne rien faire. On a donc supposé que c'était leur manager.

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Un programmeur se trouve dans la délicate situation de savoir s'il doit aller au paradis ou en enfer. Le comité d'anges qui l'accueille lui demande s'il veut voir l'enfer ou le paradis pour se faire une idée et choisir.
- OK, dit le programmeur, j'ai une idée de ce qu'est le paradis, allons donc voir l'enfer.

L'ange de service l'emmène donc en enfer.
Et là il tombe sur une superbe plage ensoleillée, où de magnifiques créatures en bikini jouent au volley sur fond d'une fabuleuse musique...
- Wah! s'exclame-t-il, c'est là que je veux aller !

Aussitôt l'ange claque des doigts et le programmeur se retrouve tout nu dans un chaudron de lave surchauffé, entouré de démons qui le torturent atrocement.
- Hé! Qu'est-ce que c'est que ça? Où est la plage? Où sont les nanas? Où est la musique?! crie-t-il désespéré.

L'ange lui répond alors:
- Çà c'était seulement la démo!


A lire:
- cet article analyse l'humour geek anglo-saxon et m'a donné beaucoup des blagues citées dans ce post

vendredi 11 mars 2016

Livres (15): Le marché aux illusions: La méprise du multiculturalisme

Après les attentats meurtriers du 13 novembre dernier, comme beaucoup de personnes en France, mes collègues se sont mis à discuter l'événement, tentant de comprendre et d'apprivoiser la sinistre réalité.

L'une d'entre elles, la plus française (ce n'est pas anecdotique de dire ça) d'un point de vue génétique et éducatif, est repartie dans l'idée que c'était la faute de notre société, raciste et fermée, si ces jeunes Maghrébins étaient partis vers les rives de l'islamisme.

Et comme à chaque fois est ensuite venue la petite musique de la supériorité anglo-saxonne dans la gestion des minorités et l'ouverture de la société.

Et comme d'habitude en tête de liste était cité le Canada.

A propos de ce pays, j'ai lu plusieurs articles et entendu le témoignage de plusieurs personnes qui y vivent, et je n'ai pas l'impression que dans ce domaine miné de la gestion des minorités ce soit plus le paradis qu'ailleurs.

Tout cela m'a décidé à lire un livre emblématique sur le sujet dont j'avais pas mal entendu parler: Le marché aux illusions - la méprise du multiculturalisme de Neil Bissoondath.

Cet ouvrage, paru en 1998 a en effet constitué un véritable pavé dans la mare, suscitant une levées de boucliers et de longues polémiques au pays de la feuille d'érable.

Et pour cause: pour la première fois était remis en question le mythe lénifiant de l'harmonieuse société multiculturelle canadienne et la pertinence de sa politique officielle.

Et la réaction de la société canadienne à ce livre était d'autant plus forte que la critique du modèle émanait de la "diversité", puisque son auteur est un immigré, issu de la communauté indienne de l'île de Trinidad y Tobago et venu s'installer au Canada.

J'y ai trouvé beaucoup de choses intéressantes à mettre en perspective avec ce qui se passe de ce côté-ci de l'Atlantique.

Le multiculturalisme

Tout d'abord un petit point sur la naissance de cette politique.

Le Canada est une ancienne colonie française puis britannique qui s'est progressivement émancipée de sa métropole.

Comme tous les autres pays du continent américain, il fut d'abord fondé par les armes et son développement se basa sur la spoliation des Amérindiens et sur des politiques volontaristes de peuplement.

Les colons français furent peu nombreux, et si beaucoup d'entre eux se mêlèrent aux Indiens, ils leur firent aussi des guerres violentes, accaparèrent leurs territoires et leur imposèrent langue et religion.

Lorsque leurs successeurs britanniques s'emparèrent de l'ensemble de la colonie, ils appliquèrent une version anglaise de ces méthodes.

C'est-à-dire qu'ils mirent eux aussi en place des politiques de peuplement organisé, avec des lois ouvertement racistes, comme celles qui interdisaient l'établissement de tout colon asiatique sur le sol canadien (les USA ou l'Australie eurent les mêmes) et une volonté d'angliciser les nouveaux territoires.

Pour cela il devaient effacer les traces de la culture de leurs prédécesseurs français, et, comme ils le firent en Afrique du sud avec les Boers, ils s'y employèrent de façon plus ou moins frontale et plus ou moins efficace.

Pendant les conflits avec la France il y eut ainsi la célèbre et tragique déportation des Acadiens.

Puis après la conquête, ils favorisèrent l'installation de colons anglophones et de protestants, en accueillant notamment les loyalistes américains lorsque les USA gagnèrent leur indépendance.

Ensuite le recrutement de ces colons se fit beaucoup en Europe centrale et plusieurs tentatives furent faites pour imposer la langue anglaise.

Toutefois, les Québécois résistèrent.

La puissante église catholique leur offrait un sanctuaire et préservait leur identité, tandis qu'une fécondité impressionnante leur permettait de continuer à représenter une part incontournable de la population du pays.

Le pouvoir anglais les confinant dans un statut de seconde zone, des revendications de plus en plus fortes se firent jour.

Finalement, dans les années 60, certains mouvements, comme le FLQ, allèrent jusqu'à la lutte armée, tandis que l'idée d'indépendance devenait de plus en plus populaire parmi la population francophone.

Cela ne pouvait évidemment pas laisser indifférente la majorité anglophone, à qui la partition apparaissait comme un véritable désastre, d'autant qu'à l'époque (ça a changé depuis) le Québec était une région stratégique.

Une solution très anglaise finit par être trouvée: le Canada allait devenir un état officiellement multiculturel. C'est-à-dire que toutes les communautés y seraient reconnues de manière égale et obtiendraient des droits.

Cela permettait d'éviter la partition, de réparer un peu le tort fait aux Indiens, rebaptisés Premières Nations et trop minoritaires pour vraiment compter, et cela donnait au Québec une large autonomie et des lois linguistiques.

Les nationalistes québécois semblent dire aujourd'hui que c'était un piège, car leur spécificité historique se trouva dès lors noyée dans quelque chose de plus grand, et délégitimée.

Mais toujours est-il qu'à compter de ce moment-là les communautés et les cultures obtinrent droit de cité, reconnaissance et protection de l'état canadien.

Concrètement, cela allait se traduire par des politiques de neutralité absolue de l'état vis-à-vis de chacune des communautés, dont les droits devaient être les mêmes, par une volonté de lutte contre les discriminations et par des administrations dédiées.

Parmi les outils mis en place il y eut les accommodements raisonnables, c'est-à-dire la possibilité de déroger à la règle commune dans le cas où celle-ci entrait en conflit avec une conviction ou qu'elle entraînait la discrimination, réelle ou supposée (là est la difficulté) d'un membre d'une minorité.

Les critiques de Neil Bissoodath

C'est dans un Canada fièrement multiculturel que Neil Bissoondath débarqua un beau jour pour y faire ses études.

Fasciné par les possibilités infinies que lui offrait ce pays comparativement à son île natale qu'il trouvait trop étriquée, il ressentit rapidement un malaise dans la façon dont les gens le traitaient.

Il raconte avoir fini par l'identifier comme le sentiment d'être assigné à ses origines trinidadiennes de gré ou de force, d'y être en quelque sorte réduit.

L'impression qu'il donne du multiculturalisme c'est celle d'une idéologie qui fige les gens une fois pour toutes dans des groupes folklorisés pour l'éternité, dans des cultures gravées dans le marbre et pour lesquelles le temps s'est arrêté.

Le piège qu'il voit là-dedans est la fermeture des gens, la réduction des échanges véritables, et aussi un potentiel de dislocation pour la société dans son ensemble, qui devient un simple assemblage de "réserves indiennes" dont chacune défend son pré carré sans s'occuper des autres.

Pire, le souci majeur est devenu de ne pas froisser une minorité, surtout de la part des majorités historiques dont on attend qu'elles se rattrapent d'avoir eu un passé plus tumultueux et oppressif.

Cette obsession va jusqu'à une forme de négation du passé et de l'héritage canadien, devenu susceptible de constituer une oppression et de choquer les derniers arrivés.

L'exemple qu'il donne de ce point est éloquent.

Un éditeur scolaire est intéressé par un roman dont l'auteur raconte son enfance dans une petite ville du Québec des années 40, et veut l'inclure dans un manuel.

Il contacte donc l'écrivain mais lui demande de corriger son œuvre: pour ne pas offenser les élèves non chrétiens, il doit enlever toute référence au christianisme.

Quand on sait que l'église catholique était à l'époque décrite l'ossature même de la société québécoise, on se rend compte à quel point c'est débile.

Mais ce cas reste risible par rapport aux autres dérives que Bissoondath cite et qui cette fois ont trait à la justice.

Les deux exemples suivants sont particulièrement sordides.

Le premier concerne une fille violée par deux Haïtiens et dont les agresseurs bénéficièrent de circonstances atténuantes parce que dans leur culture c'était un acte moins grave.

Le second était le jugement d'un Algérien qui avait violée la jeune fille de sa compagne québécoise et qui lui aussi bénéficia de circonstances atténuantes.

Elles étaient dues au fait qu'il avait sodomisé la malheureuse dans le souci de préserver sa virginité vaginale, ce qui est censé être important dans sa culture et dénotait une forme d'attention à l'égard de la fillette.

Fort heureusement, ces jugements effarants ont scandalisé bon nombre de Canadiens de toutes origines.

Mais cela a aussi poussé les partisans de la fermeture communautaire à toujours plus de revendications.

Pêle-mêle les sikhs exigèrent de pouvoir porter leur kirpan à l'école, alors qu'il s'agit d'une arme blanche, certains noirs réclamèrent des lieux d'enseignement spécifiques, et en Ontario on est allés jusqu'à demander l'établissement de tribunaux d'arbitrage islamiques, ce qui fut refusé in extremis grâce à l'action d'autres musulmans canadiens.

Mais dans bien des cas, les particularismes primèrent: on peut par exemple choisir le sexe de son examinateur de permis de conduire en fonction de sa religion.

En fait, la vigilance antiraciste et la protection des minorités finissent par aboutir à d'étranges mesures qui valident des comportements qu'on juge -à raison- inacceptables dans les cultures traditionnelles canadiennes.

Et c'est ainsi qu'apparaissent un sexisme et un racisme protégés par la loi (Bissoondath cite des colloques tout simplement interdits aux blancs).

C'est ainsi aussi que la fermeture devient si complète que parler de quelqu'un qui n'est pas de sa communauté est illégitime et offensant.

Pour valider cette politique, des chiens de garde veillent, et la critique est systématique et virulente pour tous ceux qui s'y aventurent.

L'auteur donne pour exemple les avalanches de critiques qu'il reçut lorsqu'il créa des personnages fictifs féminins ou noirs, citant notamment les combats de la journaliste Marlene Philip qui considérait cela comme du racisme.

Conséquences et risques

A travers sa démonstration, Bissoondath se demande au final ce que peut devenir l'identité canadienne dans un tel contexte d'apartheid culturelle et de séparation des communautés.

Ne finira-t-elle pas par disparaître? Et quel intérêt peut-on avoir à s'intégrer?

Il se demande par ailleurs jusqu'où on va descendre dans la catégorisation, citant le cas de la fille qu'il a eue avec une Québécoise ayant des ascendances amérindiennes. Celle-ci doit-elle créer une nouvelle catégorie pour exister, celle des Amérindo-Franco-Indio-Trinidadienne?

Il oppose à ce culte de la diversité le métissage et une société qui lutterait contre le racisme, mais considérerait avant tout l'individu et ses droits, le laissant seul juge de ses propres assignations et libre de définir lui-même son identité.

Une crainte qu'on pouvait également avoir était celle d'un retour de bâton des communautés historiques.

Celui-ci commença quelques années plus au Québec, dont le peuple à la fois minorité canadienne et majorité régionale est peut-être plus enclin au questionnement.

Le point de départ fut l'affaire d'Hérouxville. En 2007, cette petite ville établit une charte de comportement pour ses habitants présents et surtout futurs, qui interdisait notamment la discrimination sexuelle, la lapidation et les mutilations rituelles, façon polie de désigner un certain type de migrants.

L'événement fit grand bruit, fut médiatisé et suscita tellement de débats que le Canada mit en place une commission, dite Bouchard-Taylor du nom de ses dirigeants, qui fut chargée d'enquêter sur la situation au Québec pour d'éventuelles actions.

Il semble qu'il n'en soit pas sorti grand-chose, mais sa simple existence témoigna de la prise de conscience d'un malaise sur la question et du risque que les blancs se constituent de nouveau en tribu, en groupe d'intérêt décidé à jouer sa propre partition avec tous les risques que ça comporte.

Ce livre très intéressant a bien évidemment des échos avec la France et l'Europe, et il permet de relativiser le fantasme canadien.

On dirait en effet que le multiculturalisme officiel a créé autant de problèmes qu'il en a résolus et qu'au final la société canadienne n'est pas moins fragmentée que celles qui sont confrontées aux mêmes défis et ont choisi une autre voie.

Le multiculturalisme est donc bien le marché aux illusions dont l'auteur parle.

Il n'est certes pas le seul (il suffit de regarder les résultats concrets du prétendu modèle français) mais en tout cas, cette méthode made in Canada n'est certainement pas le remède magique qui ressoudera notre communauté nationale et évitera les attentats.

Lire:
- Article sur les multiculturalismes canadiens et britanniques

dimanche 6 mars 2016

Cinéma (10): Rambo, le vétéran et la mauvaise conscience nationale

On associe généralement le nom de Rambo à des images de brute débile au QI de moule et à la force surhumaine.

C'est vrai que dans les opus 2 et 3 de la série on voit un Stallone bodybuildé détruire des hélicos ou exploser des chars soviétiques à l'arc, mais le premier volet de la série est bien autre chose que de l'action pure et basique.

C'est au contraire un excellent film, dont le message est loin d'être militariste, au contraire même.

Sylvester Stallone y joue un vétéran des forces spéciales américaines au Vietnam, devenu un marginal à son retour.

Le film commence par une tentative de retrouver un ex-collègue qui tourne court: sa veuve lui apprend sèchement sa mort d'un cancer du à l'agent orange.

Reparti à pied, il est interpellé par un shérif moqueur qui lui intime l'ordre de ne pas s'arrêter dans sa ville, lui reprochant sa dégaine (cheveux longs, vêtements militaires) et son hygiène.

Comme Rambo s'entête, le policier l'emmène au commissariat où ses collègues, en majorité des rednecks brutaux et bornés, décident devant son insistance à ne pas collaborer de lui "donner une leçon", l'humiliant, le lavant au jet à haute pression et le cognant.

Jusqu'au moment l'ancien soldat craque et se met à répondre.

De manière violente et époustouflante, il neutralise tous les hommes présents et s'enfuit dans la montagne, où le shérif, hargneux et piqué au vif, décide de le poursuivre.

C'est un fiasco. Un de ses hommes, le plus violent et le plus haïssable, meurt par accident et tous les autres sont neutralisés un par un, mais sans être tués.

Le shérif tombe le dernier et le fugitif, le tenant à sa merci, lui intime l'ordre de lui foutre la paix avant de le laisser repartir.

Mais celui-ci s'entête, il convoque la presse, mobilise la garde nationale et fait monter l'affaire en mayonnaise.

C'est à ce moment qu'un officier des bérets verts apparaît et explique qu'il est l'ancien officier de Rambo, que celui-ci est un soldat d'élite au palmarès exceptionnel et un spécialiste de la guérilla en forêt.

La suite de l'affrontement est intéressante mais le moment le plus fort est paradoxalement celui où Rambo baisse sa garde, à la fin.

Il explique alors au colonel venu tenter de le raisonner que le Vietnam n'était pas sa guerre, qu'on était venu le chercher alors qu'il n'avait rien demandé, qu'il l'a faite comme on le lui avait dit, de son mieux et sans rechigner.

Il raconte son désarroi lors de son retour au pays, quand on était venu l'insulter, le traiter de monstre, de boucher, le rejeter violemment alors qu'on l'avait précédemment décoré.

On comprend que dans sa tête il n'est jamais rentré, que ses amis militaires étaient devenus sa seule famille et que leurs morts l'ont laissé vide et démuni, qu'après tant d'adrénaline et de responsabilités il est devenu incapable de se réinsérer.

Il finit en avouant qu'il est seul comme un chien, ne parlant à personne pendant des jours et des jours d'affilée, et que des souvenirs atroces l'obsèdent sans fin.

Voir cette machine de guerre, dont on a pu mesurer l'efficacité tout au long du film, se mettre à pleurer de désespoir est un moment bouleversant.

Rambo parle du paradoxe qu'il y a à transformer des gens en monstres pour une cause politique, les poussant en quelque sorte à se perdre pour une idée, tout en le leur reprochant après, un peu comme les pro peine de mort qui en même temps méprisent les bourreaux.

Tuer et combattre est en effet glorifié en période de conflit, mais unanimement condamné lorsque revient la paix.

Et pour peu qu'une guerre soit perdue ou reniée suite à un changement de politique, ses vétérans en deviennent la mauvaise conscience incarnée.

Les soldats américains de la Seconde Guerre Mondiale ont pu faire toutes les horreurs imaginables sur le terrain, ils sont revenus au pays auréolés de la gloire d'avoir sauvé le monde libre.

Au contraire, les GIs qui combattirent au Vietnam durent abandonner le terrain face à la petite nation tenace qui avait également eu la peau des Français.

Du coup leur intervention, très largement contestée à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, est vite devenue quelque chose à oublier pour l'opinion publique.

Ses vétérans, transformés en symboles vivants d'une erreur honteuse, se sont trouvés en butte à l'hostilité générale, et cette situation augmenta encore la marginalisation que tous les soldats ressentent après un conflit.

Le camp opposé connut un peu la même chose avec la guerre d'Afghanistan.

Lancée par Brejnev, elle aussi se solda elle aussi par un long enlisement des armées soviétiques, dans un pays hostile qu'ils finirent par devoir quitter la queue entre les jambes.

Et comme les vétérans du Vietnam, ceux d'Afghanistan furent rejetés par leur société, alors que comme pour les Américains, leurs prédécesseurs de la Seconde Guerre Mondiale étaient portés aux nues.

Dans son livre Les cercueils de zinc, l'écrivain biélorusse Svetlana Alexievitch a collecté les témoignages de ces vétérans ou de leurs familles (mères, épouses...) et en a fait un livre choc.

Indépendamment du portrait du pays qui se dessinait là, avec sa militarisation excessive et son extraordinaire mépris de l'individu, on y voit le même impossible retour à la vie civile de gens dont le combat est désavoué par leur société, qui en deviennent gênants, comme un mauvais souvenir.

Il y a eu beaucoup de Rambo soviétiques.

En France, ce sont les troupes intervenues pendant la guerre d'Algérie qui ont connu ce destin, même si le contexte était un peu différent.

Bertrand Tavernier en a interviewé un certain nombre dans l'éprouvant film La guerre sans nom et les souvenirs qu'ils rapportent sont du même bois que ceux des vétérans du Vietnam et d'Afghanistan.

Pour conclure, Rambo reprend un peu la thématique que j'avais exposée dans mon post sur la tête ou la main, à savoir qu'il est facile de prendre comme bouc émissaire les instruments d'une politique plutôt que ceux qui l'ont appliquée.

Et au final c'est la pitié plus que l'admiration ou la répulsion que ce spécialiste de la mort inspire.

mardi 1 mars 2016

Des Noirs à l'Est

La première fois que je suis allée en Roumanie, le RER m'amenant à l'aéroport était bloqué (vivant à l'époque en province, j'ignorais qu'avec ces poubelles il faut toujours prévoir au minimum le double de temps pour espérer arriver à l'heure), j'ai commencé à discuter avec les gens.

Je me souviens d'une Africaine, sénégalaise il me semble, qui à l'annonce de ma destination, me gratifia d'un regard effrayé en me disant "Mais c'est pauvre ce coin-là !", un peu comme si j'allais dans un endroit foncièrement dangereux. 

Au-delà de l'anecdote, cela m'a montré que la méconnaissance entre Afrique et Europe de l'Est était largement partagée.

J'ai en effet entendu bien des choses fantaisistes sur les Noirs en Roumanie, et quand j'y suis allé accompagné par une amie guadeloupéenne, elle attirait les regards comme un aimant. Certains enfants restaient même bouché bée devant elle.

Pourtant du temps du communisme des relations s'étaient instaurées entre les républiques populaires attachées à promouvoir leur modèle et les jeunes états africains qui, communistes ou non, cherchaient à sortir des liens exclusifs avec les ex-puissances tutélaires.

C'est ainsi que plusieurs étudiants béninois, angolais et d'autres pays se retrouvèrent un temps sur les bancs des facultés de Prague, Sofia, Bratislava ou Bucarest.

Ils y étudièrent, notamment la médecine, y apprirent les langues locales et pour certains s'attachèrent au pays. Quand ils y restaient.

Il arrivait en effet que les aléas politiques les obligent à plier bagage, parfois du jour au lendemain, comme me l'a raconté un professeur roumain qui vit une promo entière de ses élèves africains disparaitre un jour sans explication.

Dans le cadre de la guerre froide, l'URSS et ses alliés accueillirent aussi des Afro-Américains en délicatesse avec l'Oncle Sam, les utilisant ultérieurement pour leur propagande.

L'errance de plusieurs membres des Black Panthers (dont Georges Wright ou Jean Mc Nair) en mènera certains en URSS ou dans un pays frère, comme l'Algérie de Boumediene.

Lorsque le mur tomba, la plupart de ces gens rentrèrent au pays et furent vite oubliés, tant par leurs ex-hôtes que par leurs pays d'origine, tous pressés de tourner la page communiste.

Cette décision fut encouragée par la vague de nationalisme parfois raciste qui touche les pays de l'Est et par les difficultés économiques dans lesquelles ils se débattaient.

Toutefois un certain nombre d'Africains restèrent sur place, souvent mariés avec une locale, leur parcours original tombé dans les limbes des accidents de l'histoire.

Ce reportage trace le portrait de quelques uns des protagonistes de leur étonnante saga.

Celui-ci se penche sur les descendants des Afro-Américains soviétiques et leur difficile acceptation par la Russie.

De mon côté, j'ai été intéressé par ce sujet suite à une rencontre.

J'étais dans un bureau de poste français, en train d'envoyer un colis pour la Roumanie.

En entendant mon destinataire, l'Africaine qui me suivait dans la queue engagea la conversation et me parla de ses études à Bucarest, avec un plaisir manifeste.

Je vis sur son passeport qu'elle était origine de R.D.C, mais je ne sus jamais à la suite de quels rebondissements elle avait atterri dans cette petite ville de la province française après avoir connu la Roumanie.

Je terminerai en notant que cette politique d'échanges inter communistes ne concerna pas seulement l'Afrique: j'ai rencontré une Vietnamienne dont le père vécut un temps en RDA.

D'autre part, elle se fit dans les deux sens, avec des coopérants russes partis semer la bonne parole aux quatre coins du monde.

Il ne semèrent d'ailleurs pas que la bonne parole: dans son livre Passions arabes, Gilles Kepel raconte avoir plusieurs fois rencontrés des métis nés dans la partie du Yémen qui était communiste.