lundi 12 août 2013

Musique(4): H.F.T.

Mon post d'aujourd'hui sera consacré à un artiste étrange qui a pas mal compté pour moi, au parcours hors normes mais que tout le monde ou presque a fini par connaitre : Hubert Félix Thiéfaine.
 
Je l'ai rencontré il y a plus de vingt ans, lorsque j'étais collégien et surtout lycéen.

J'ai bien sur tout d’abord entendu son hymne "La fille du coupeur de joint", chanson entrée dans la culture populaire au point qu'on ne sait pas forcément que c'est de lui, puis quelques titres délirants, avant d'écouter plus sérieusement toute sa discographie.

La caractéristique majeure qui m'avait frappé à l'époque, c'était son manque de visibilité. Impossible de savoir à quoi il ressemblait, pas de médiatisation, pas de télé, de journaux, alors même que beaucoup de gens l'écoutaient depuis longtemps.

Cet effet underground était augmenté par le règne de la cassette repiquée sur lequel je m’appuyais pour découvrir la musique, et qui limitait encore plus la possibilité d’avoir une idée "visuelle" du personnage.

Cette position singulière faisait qu'écouter Thiéfaine donnait l’impression de se retrouver entre initiés, entre puristes, entre "pas commercial", puisque à l'adolescence il est important de consommer authentique, qu'on recherche la radicalité, la non compromission.
 
Plus tard, j'ai énormément écouté ses six premiers albums, un peu les suivants, avant de décrocher à partir de "Fragments d'hébétude" (1993).

Avais-je changé, ou bien était-ce lui qui finissait par s'auto-caricaturer comme tant d'autres artistes à partir d'un moment de leur carrière? Sans doute un peu des deux.
 
Me reste la première moitié de son œuvre et une certaine fascination, qui se mua en déception lorsque je l'entendis en interview (plus que jamais je crois qu'il faut dissocier la personne et l'œuvre, et ne pas attendre qu'un artiste soit aussi génial quand il parle) et quand, quelques années plus tard, je le vis en concert.

A l'heure du net, j'ai pu évidemment en apprendre plus sur qui était vraiment Thiéfaine.

Né dans une famille de six enfants en Franche-Comté (à Dole, dans le Jura) région dont il garde quelque chose dans la diction, il connut le pensionnat chez les Jésuites (ce qui explique peut-être une partie de ses thématiques) avant de partir à Paris.

Un étonnement majeur fut de découvrir qu'il était de 1948, donc beaucoup plus vieux que je ne l'imaginais. Son premier album est paru en 1978, alors qu'il avait déjà trente ans.

Comme influence majeure, il revendique Léo Ferré, que je connais trop peu pour pouvoir dire si cette influence se sent ou non dans sa musique.

Les trois premiers albums de Thiéfaine, "Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir" (1978), "Autorisation de délirer" (1979) et "De l'amour, de l'art ou du cochon" (1980) sentent très fort les années 70.

Libertaires, ils ont un côté gaudriole très prononcé, très paillard, très "grosse farce", limite film des Charlots ou Paul Préboist. Le côté gaulois s'estompera par la suite, mais reste quand même une marque de fabrique de Thiéfaine.
 
Ils sont par contre musicalement très aboutis. On n'a pas le côté "premier album" qu'on trouve chez tant d'autres artistes de l'époque, certainement parce que Thiéfaine et ses musiciens avaient déjà une grande expérience derrière eux lorsqu'ils les ont enregistrés (une dizaine d'années avant de presser leur première galette).

Le deuxième aspect du style de Thiéfaine est un pessimisme violent, un anarchisme tirant sur la misanthropie, dénonçant l'absurde et l'inhumain, mais sans proposer d'alternative, un peu nihiliste. La religion, catholique en tête, en prend pour son grade.

Ce côté-là prendra le pas pour les albums "Dernières balises (avant mutation)" (1981), "Soleil cherche  futur" (1982) et "Alambic / Sortie sud" (1984). Très sombres, plus rock, aux thématiques de la zone, de la drogue et de la déchéance, ils constituent trois autres pièces maitresses.
 
Il est à noter que derrière Thiéfaine se cachent un certain nombre de musiciens fidèles, dont Tony Carbonare et Claude Mairet, qui co signera Alambic / Sortie Sud avant d'arrêter sa collaboration. J'ai trouvé que ça transparaissait, et j'aime moins ce qui a suivi.
 
On sent en effet un changement. Est-ce le vieillissement, la paternité, l'adieu à la capitale? Toujours est-il qu'on a l'impression que quelque chose se tarit.

Il continue à produire des albums de bonne facture, à avoir des idées étonnantes, mais je trouve qu'il manque un truc, et qu'il y a une tendance à converger vers la variété rock à la française (genre que je ne méprise pas mais dont au départ il se distinguait).
 
En parallèle, on commence à le voir à la télé, en interview, les radios et les émissions musicales passent certains de ses titres, plus fréquentables il est vrai que ce qu'il écrivait avant (plus de discours de Jean-Paul II en fond de titre sur un bordel !).
 
Ce parcours est classique et se retrouve chez beaucoup d'artistes. On ne peut rester dans la révolte brute perpétuelle, et l'inspiration change, quand elle ne se tarit pas (regardez Renaud ou Cabrel).
 
Thiéfaine le reconnait d'ailleurs à demi-mot, disant qu'il aurait aimé tout comme Brel s'arrêter au sommet, mais qu'il a besoin de manger et de payer ses impôts...
 
Il reste qu'il a conservé sa marque de fabrique, son style qui est d'abord une écriture. Son utilisation de la langue française est en effet très spécifique.

Il emploie beaucoup d'images, associe des mots improbables, crée des néologismes et des anglicismes en tout genre, fait des rimes étonnantes, quelque part entre Gainsbourg, Boris Bergman, Noir Désir et Boby Lapointe...


Il utilise également de nombreuses références bibliques (Caïn et Abel, Loth...) ou à la culture antique (Diogène, Orphée...).

Une bonne partie de ses textes sont par ailleurs complètement barrés, comme s'ils étaient écrits dans un état second, bourré ou complètement défoncé (il semble d’ailleurs que ce soit parfois le cas !).
 
Et étonnamment, son public, s'il  est composé de beaucoup de fidèles, se renouvelle également d'année en année.
 
Je crois que c'est parce que même à 65 ans, même après la consécration (notamment la compilation hommage "Les fils du coupeur de joints" où des artistes plus jeunes reprennent ses titres) la musique de Thiefaine incarne d'une certaine manière l'esprit adolescent: l'immaturité revendiquée, la transgression, l'absolu, la rébellion, l'absence de compromis...

Assaut

Dans un précédent post j'exposai la révélation que j'avais eue de ce que pouvait être le sport pour les gens qui y étaient vraiment accros, cette espèce de terrible envie de vaincre.

Aujourd'hui je voudrais parler de ma propre expérience dans le sport, de l’intensité de ce que j'ai pu ressentir parfois quand je pratiquais la canne de combat.

Ce sport français, assez confidentiel, est un cousin de l'escrime où l'épée est remplacée par un bâton court (jadis une canne) et où l'on s'affronte à l'intérieur d'un cercle selon une codification assez stricte et simple (il y a 6 coups autorisés).

Les combats, on dit "assauts", constituent l'aboutissement d'une longue série d'exercices, de mouvements et d'échauffement divers.

Ils commencent par la préparation vestimentaire.

On enfile tout d’abord son casque grillagé, dans lequel respirer n'est pas évident la première fois, puis ses protections (au minimum des gants) et enfin l'on attend son tour.

On sait qu'on sera scruté par ceux qui ont fini ou par ceux qui attendent leur tour. Cela ajoute à la tension.

Le moment arrivé, on se positionne l’un en face de l’autre, on se salue puis on croise les cannes attendant le cri "Assaut !" de l'arbitre qui donne le départ.

C’est à cet instant-là que la tension est à son maximum, et que l’adrénaline se libère.

Lors d'un assaut, deux options possibles.

Soit l'adversaire attaque directement et on va s'échiner à le parer, à riposter, à mobiliser toutes ses ressources pour ne pas être débordé (avec certains c'est illusoire, ils vous donnent l'impression d'avoir plus de membres que vous et que c'est quasi sans espoir).

Soit il est aussi circonspect que vous.

Commence alors un jeu d'observation où l'on tente de jauger l'adversaire, de le soupeser, où l'on simule éventuellement un coup juste pour le tester.

Attaquer, imaginer des enchainements, faire des feintes pour attaquer ailleurs, sauter, tourner, traverser l'aire pour se repositionner et déstabiliser, changer de main, se baisser brutalement, toutes les ressources sont mobilisées vers un seul but: la touche, atteindre le flanc, le mollet ou la tête de son adversaire tout en l'empêchant de faire pareil.

On a le cœur qui bat très vite, la respiration s'accélère, la transpiration tourne à l’aigre. On a parfois peur...

D'autre fois on ressent un sentiment de puissance. Le Graal c'est quand votre corps semble vous échapper, qu'il parait jouer de lui-même avec la vitesse, qu'on sent que l'on est celui qui mène la danse, qui déborde l'adversaire, qu’on le domine et qu’on va le vaincre.

Un assaut dure quelques minutes seulement, mais on en ressort épuisé et vidé par l'effort.

La griserie que ça peut procurer quand on se sent bien fait partie des sensations les plus fortes qu'il m'ait été donné d'éprouver.

Je suppose qu'on peut ressentir la même chose dans tous les sports, et que l’esprit de compétition doit s’approcher de ça...

mardi 16 juillet 2013

Prendre les transports en commun, moi? Jamais!

Plus jeune, j'étais un grand adepte du train. N'aimant pas la voiture, n'en possédant pas, étant du genre rêveur qui a du temps, un peu écolo, un peu fauché, les transports en commun me semblaient l'idéal.

Ils m'emmenaient d'un point A à un point B sans que je me soucie de devoir conduire, ce qui me laissait du temps pour lire, écouter de la musique ou finir ma nuit, leur coût était modique, pourvu que j'ai un abonnement, il n'y avait pas de frais d'entretien ou d'assurance, etc.

Je me souviens avoir alors pensé qu'il fallait être fou pour aller travailler ou faire les transports quotidiens en voiture, à plus forte raison dans le bouchon permanent de l'Ile-de-France, et m'être étonné du nombre de gens qui le faisaient.

Quelques années de TER quotidien m'ont amené dans un premier temps à nuancer mon idée de transport idéal, un mois de grève par an représentant tout de même une nuisance assez sérieuse.

Et puis surtout, dix ans d'Ile-de-France m'ont dégoûté des transports en commun, et les discours des prétendus écologistes (généralement vivant et travaillant dans Paris intramuros) ont le don de me hérisser le poil. Aujourd'hui je rêve de voiture ou plus encore d'aller travailler à pied.

Les causes de ce rejet sont simples et archi connues.

Premièrement il y a les conditions inconfortables qu'on subit dans des rames surpeuplées, où trouver une place assise est une gageure, surtout si on s'éloigne du centre de Paris.

La vétusté de beaucoup de ces infrastructures, la saleté, la chaleur extrême alliée à des courants d'air glacés, tout cela concourt à faire du voyage un moment "physiquement" désagréable.

Deuxièmement il y a les gens avec qui l'on voyage et qu'on doit subir.

Racailles véhémentes (dont certaines, comme dans le RER D à Grigny, ressuscitent l’époque des attaques de diligence), voyageurs stressés agressifs et prêts à tout pour rentrer dans leur rame, seuls-au-monde bruyants qui font subir musique et téléphone à leur voisinage, étendent leurs jambes ou posent leurs sacs, cinglés, musiciens du dimanche, dégueulasses ou alcooliques posés dans un coin avec leur crasse, mendiants...il faut pouvoir supporter. Et la répétition perpétuelle de ces scènes rend parfois difficile de garder un oeil détaché d'anthropologue.

Enfin, le principal problème, et le plus important, c'est l'irrégularité chronique des transports en commun, l'aléatoire, l'impossibilité de pouvoir compter sur son ou ses moyens de transport de façon régulière et sûre.

Il y a des retards, des arrêts intempestifs, des suppressions, entrainant un décalage qui peut être énorme entre l'horaire prévu et l'horaire effectif, décalage multiplié par le nombre de correspondances et amplifié par les réactions en chaine et par le nombre de personnes impactées, selon l'effet "domino" bien connu.

Une heure de retard peut avoir des conséquences quand on doit par exemple récupérer ses enfants à une heure donnée ou tout simplement faire son quota de sommeil.

Pourquoi ces retards? Les raisons en sont variées.

Certaines sont liées aux deux problèmes précités.

La vétusté des infrastructures entraine en effet un certain nombre de pannes, de problèmes techniques à résoudre. Cette vétusté est due à la fois à l'âge du matériel et au sous-investissement chronique des trente dernières années

En effet, l’Etat a longtemps consacré l’essentiel de son effort au développement des TGV, et n'a pas accompagné l'extension permanente de l'Ile-de-France (plus de 11.000.000 de Franciliens aujourd'hui contre environ 8.000.000 en 1961, année du début de la construction des RER). Bien évidemment, cette sur utilisation augmente d'autant l’usure des infrastructures existantes.

Le comportement des usagers est aussi une cause de retard.

Statistique macabre: on dénombre 450 suicides ferroviaires sur le réseau francilien chaque année, avec pour chaque désespéré se jetant sous un train ou un métro des retards liés aux interventions des pompiers, de la police, etc.

Corollaire de la surpopulation, il y a les malaises, lesquels entrainent des retards, qui entrainent l’entassement d’encore plus de gens dans chaque wagon, et donc d'autres malaises, etc.

Enfin il y a tous ceux qui fraudent, qui vandalisent le métro, cassent les tourniquets, dégradent les gares, bombent les trains, actionnent gratuitement les alarmes, etc, pour aller jusqu'aux poseurs de bombes, à ceux qui jouent à faire des alertes, voire aux effets collatéraux de l’installation des camps de Rroms (les usagers d’un RER desservant le 93 ont dû passer la nuit dans une gare suite à un feu fait sous un pont par des Tziganes !).

Une intervention de la police, des pompiers ou du déminage coûte quelques heures, et tout l'argent perdu à nettoyer, réparer, arrêter est de l'argent qui n’est pas investi ailleurs.

Le troisième ensemble de raisons, et le dernier, relève plutôt du politique.

Comme je le disais, l’État a longtemps négligé d'accompagner l'augmentation régulière du nombre d'usagers et la densification de la région. Le lancement du "Grand Paris" enfin validé vise à corriger le tir mais sera très long à mettre en œuvre, surtout étant donné son coût faramineux et le contexte de réduction des dépenses.

Et puis il y la gestion de l'exploitation proprement dite.

La SNCF, champion national des jours de grève par salarié, bloque le réseau avec une régularité qu'on aimerait voir appliquée aux horaires de ses trains, et c’est vrai sur toutes les lignes, pas seulement les franciliennes.

Un autre cauchemar des usagers d’Ile-de-France est celui des lignes dont l’exploitation est faite en commun par la RATP et la SNCF, comme le RER B.

Un changement de conducteur est systématiquement opéré au milieu du trajet, et chaque fois que pour rationaliser l’exploitation il a été question de prendre un seul chauffeur d'un bout à l'autre du trajet, il y a eu levée générale de boucliers, grèves et compagnie.

Entendons-nous bien, la SNCF, deuxième entreprise ferroviaire mondiale, doit gérer au quotidien un parc consistant et pallier à des manques politiques, ce n'est pas forcément facile et elle ne peut pas faire de miracles.

Mais elle est bel et bien une partie du problème par le comportement scandaleux de ses syndicats qui agissent comme un lobby des cheminots au détriment de la mission de service public qui lui est confiée.

Une fois tous ces problèmes posés, que pourrait-on, que devrait-on faire ?

La solution est évidemment en premier lieu politique.

L’augmentation de la capacité aux endroits où c’est nécessaire, une politique rigoureuse de sanction envers la fraude, l’incivisme ou les dégradations, la fin des grèves de complaisance, sauvages et/ou injustifiées, tout cela relève de l’État. État qui renâcle à agir essentiellement pour une raison précise.

Le coût social (et électoral !) d’un conflit ouvert avec les syndicats du train joue bien évidemment, surtout pour un gouvernement de gauche qui ne doit pas perdre sa clientèle fonctionnaire, mais le vrai souci porte là encore sur le nerf de la guerre, à savoir le budget.

Un vrai projet de refonte des transports en commun coûterait en effet cher, très cher. Il obligerait à trouver de l’argent, et également à des coupes douloureuses sur certaines lignes secondaires non rentables (contrecoup électoral assuré) ainsi qu’à une inévitable hausse du coût du billet.

Peut-être faudra-t-il un électrochoc, comme l’explosion du prix du baril de pétrole pour lancer le chantier ? C’est ce qu’imagine Dalibor Frioux dans son excellent livre "Brut".

En attendant ce moment hypothétique, je fais partie des 11.000.000 de personnes qui subissent un système poussif et épuisant et qui maudissent les transports en commun plusieurs fois par semaine…

mercredi 3 juillet 2013

Frontières (2): sources de profit

Dans mon précédent post sur la question des frontières, j'ai esquissé un panorama des frontières existantes et des grands événements qui ont entrainé leur instauration.

Je vais aujourd'hui parler du côté structurant pour la vie de tous les jours qu'impliquent ces frontières, en évoquant les populations ou groupes pour qui elles constituent un moyen de subsistance, voire d'enrichissement, ainsi que la façon dont ils s'adaptent.

L'impact n'est pas le même selon le type de frontière considérée.

Dans le cas d'une frontière géographique ou physique qui isole durablement deux zones, son contrôle peut être la principale source de revenus du groupe en ayant acquis la maitrise et vendant son savoir ou contrôlant les circuits commerciaux.

Les nations qui ont maitrisé les routes maritimes en ont tiré un profit considérable, et la domination de ces routes a souvent coïncidé avec l'apogée de leur puissance.

On pense aux Vénitiens, aux Portugais, aux Néerlandais ou aux Anglais, qui dominèrent successivement des zones clé du commerce européen et/ou mondial et en tirèrent de substantiels avantages.

En Afrique, ce sont les Touaregs qui se rendirent incontournables dans les routes caravanières qui traversaient le Sahara, y faisant transiter marchandises, or et esclaves entre le monde arabe et le monde noir.

Le cas des reliquats des empires coloniaux européens est à considérer à part, puisque tous ont vu un changement profond de tendance avec le temps.

Les zones ultramarines, résidus de la première expansion coloniale française, ont toutes été taraudées par le désir d'indépendance dans les années 60, indépendance refusée, parfois brutalement, par la métropole.

Aujourd'hui, en revanche, des sondages indiquent que la majorité des Français métropolitains seraient favorables à une séparation, qui est au contraire refusée massivement par la majeure partie des habitants des DOM.

Ce renversement de tendance est lié du fait que le rattachement à la France et leur alignement sur la métropole a permis à ces zones d'obtenir un niveau de vie qui, s'il est généralement inférieur à celui de l'Hexagone, est en tout cas beaucoup plus élevé que celui de leurs voisins.

Perdre cette rente reviendrait pour ces endroits à rejoindre les pays en voie de développement qui les entourent. D'autant qu'avec les communications modernes, ces différentiels n'ont jamais été aussi connus.


Et d'ailleurs, malgré une situation sociale tendue (fort chômage) les transferts de la mère patrie rendent ces régions attirantes pour les voisins, et la surveillance des frontières et des milliers de gens qui tentent leur chance quotidiennement est une préoccupation majeure et de la France et des habitants de ses territoires d'Outre-Mer.

C'est vrai pour la Martinique, la Guadeloupe et ses dépendances (Saint-Martin et Saint-Barthélemy) vers lesquelles affluent les déshérités de toutes les Antilles, Haïti en tête.

C'est encore plus vrai pour Mayotte, dont l'écart de développement s'est tellement creusé avec le reste de l'archipel des Comores que l'île d'Anjouan a même connu des manifestations pour demander à être recolonisée...

L’Espagne connait la même problématique avec les îles Canaries, sur lesquelles débarquent régulièrement des candidats à l'Europe venus du continent africain tout proche.

La porosité est encore plus forte quand l'enclave se situe sur un continent. La Guyane Française est un aimant pour les régions pauvres du Brésil ou du Suriname, dont les clandestins créent régulièrement des campements, voire des villages entiers dans la forêt et jouent au chat et à la souris avec les autorités.


Cette situation est aussi celui de Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles revendiquées par le Maroc où affluent de toute l'Afrique des migrants en quête d'Europe, à tel point que ces territoires se retrouvent entourés de barbelés et surveillés avec les moyens les plus modernes.

Comme Ceuta, Melilla ou Mayotte, territoires revendiqués par leurs voisins (en ce qui concerne l'île comorienne, beaucoup d'instances internationales jugent la souveraineté française illégale), d'autres territoires sont contestés: l'Ulster, région nord irlandaise restée dans le giron britannique malgré une contestation permanente, Gibraltar, enclave britannique en Espagne, les Malouines, revendiquées par l'Argentine, etc.

Dans le cas où la frontière entre deux pays en paix n'est que juridique et simple à franchir, apparait une population composée de gens qui tirent profit des différences salariales, fiscales et/ou législatives existant entre les deux côtés de la séparation, que ces différences soient exploitées légalement ou non.

A l'intérieur du continent européen, les exemples abondent, facilités par l'espace Schengen.

Les frontaliers qui travaillent en Suisse et vivent en France, les Français du nord qui font le plein d'essence en Belgique, les Finlandais qui viennent par ferries entiers acheter de l'alcool en Estonie, les Irlandais qui ont profité de la chute de la livre britannique pour aller faire leurs courses à Belfast, etc.

A cela s'ajoutent les contrebandiers, qui ont existé de tout temps et qui font transiter des denrées taxées ou interdites d'un coté ou de l'autre: cigarettes, sel, pétrole, les exemples sont légion (à noter que la disparition d'une frontière entraine parfois la ruine d'une population si celle-ci s'était spécialisée dans ce commerce, comme en Savoie).

Les frontières politiques voient aussi apparaitre les passeurs, ceux qui organisent, moyennant finance, la fuite de ceux qui sont du "mauvais côté".

Ligne de démarcation séparant la France occupée de la France de Vichy, rideau de fer empêchant l'exode des habitants de l'Europe communiste, frontières maritimes ou terrestres de l'espace Schengen, Rio Grande entre USA et Mexique, tous ces lieux ont vu l'apparition de réseaux de passeurs monnayant leur connaissance des failles de la frontière à des gens prêts à tout pour la franchir.

Au-delà de ces cas, qui ne concernent qu'une partie de la population, certaines de ces zones choisissent sciemment de vivre précisément du différentiel juridique avec leurs voisins.

Ce sont généralement des petits pays ou des entités autonomes liées à un état souverain, et elles basent leur prospérité sur une vision plus laxiste des règles du commerce et du droit internationaux.

On les connait souvent sous le noms de "paradis fiscaux". Blanchiment d'argent, pavillons de complaisance, hébergement de raisons sociales d'entreprises, tout est fait pour attirer l'argent international. En Europe on peut citer Monaco, le Lichtenstein, l'île de Man, dans le monde, le Liberia, Panama, les îles Caimans...

Mais quelques fois la spécialisation d'une zone est un effet indirect des lois appliquées dans l'immédiat voisinage. Quelques exemples.

L'archipel français de Saint-Pierre et Miquelon, petites îles perdues à l'est de Terre-Neuve, vécut longtemps chichement de la pêche, ignorée par ses deux grands voisins. Puis vint le temps de la prohibition de l'alcool aux États-Unis et au Canada.

Cette période changea du tout au tout la vie des habitants du petit bout de France, qui se transforma en gigantesque dépôt d'alcool acheté et vendu légalement à tous les bootleggers américains (la légende dit que c'est Al Capone en personne qui initia ce business).

Bien entendu, la re-légalisation de l'alcool en Amérique du nord mit fin à cette parenthèse extraordinaire d'une quinzaine d'années.

Toujours sur le continent américain, c'est cette fois au sein des USA que la différence de législation entraina la création de la célébrissime Las Vegas. Cette bourgade perdue du Nevada devint la plus gigantesque ville-tripot des États-Unis à cause de la législation sur le jeu en cours dans cet état, plus laxiste que son voisinage.

Aux USA également, certaines réserves indiennes, ces zones déshéritées où furent relégués les indigènes, connaissent une étonnante attractivité de nos jours.

Il est en effet possible d'y ouvrir des casinos non taxés car ces endroits ont un régime d'exception, à mi-chemin entre le droit américain et celui de la tribu qui l'occupe, ce qui assure un revenu substantiel à ces communautés.

Mêmes causes, mêmes effets en Chine, où Macao, ex-colonie portugaise, est une sorte de Las Vegas local, offrant des centaines de possibilités de jeux d'argent aux Chinois qui n'ont pas le droit d'ouvrir des casinos dans leurs provinces d'origine.

Hong-Kong attire également la convoitise des Chinois du continent, mais pour d'autres raisons.

Le régime d'exception conservé par l'ancienne colonie britannique offrant des avantages à ceux qui y naissent (par exemple ne pas être attaché à une région définie), les futures mères chinoises du continent prennent en effet d'assaut les maternités, réservant leur place des mois à l'avance et générant un lucratif commerce pour ces dernières.

En Israël et au Liban, le mariage est une affaire exclusivement religieuse. C'est la communauté à laquelle on appartient qui marie les gens. Ce qui pose la question des non croyants, mais encore plus celle des mariages mixtes, forcément redoutés voire condamnés par des religions en concurrence directe.

L'île voisine de Chypre a su tirer profit de cette situation et du fait que Liban et Israël reconnaissent les mariages civils contractés à l'étranger.

Un business s'y est en effet développé, qui propose aux Libanais et aux Israéliens des packages comprenant un mariage, un voyage de noces et une procédure de reconnaissance du mariage dans leur pays d'origine.

Je terminerai ce post par un cas de rôle subi en parlant de la situation de la Finlande pendant la guerre froide. En effet, du fait de sa position particulière, elle était devenue à l'époque une zone de rencontre entre l'est et l'ouest.

L'URSS y pratiquait une ingérence telle que le mot finlandisation est né à cette époque, et que le pays était alors devenu, à son corps défendant, une zone neutre où eurent lieu nombre de rencontres secrètes, d'échanges de prisonniers entre les deux blocs, et un véritable nid d'espions.

A la chute du régime soviétique, la Finlande a retrouvé sa pleine souveraineté, en même temps que de nouveaux voisins (les pays baltes fraichement indépendants).


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jeudi 27 juin 2013

Héritages de l'hexagone (4): Gauche / Droite

Dans la plupart des pays, occidentaux mais pas seulement, la scène politique est polarisée. Coexistent et s'affrontent deux grandes tendances, entre lesquelles se décline une infinité de nuances et aux côtés desquelles existent des extrêmes.

Pour caricaturer, les valeurs du premier pôle sont la tradition, la religion, la famille, la compétition, l'économie libre, l'autorité, l'état arbitre.

Celles du second pole sont le progressisme social, l'ouverture, la redistribution, l'économie contrôlée, l'état interventionniste, protecteur et correcteur.

Partout dans le monde quand on parle du premier, c'est la droite, du second c'est la gauche.

Tout le monde utilise ces termes, mais bien peu savent d'où ils viennent. C'est en France bien sur que ces termes sont nés (d'où ce post).

Lorsque éclata la Révolution Française de 1789, l'assemblée nationale constituante se réunit sur le thème des pouvoirs à accorder au roi Louis XVI.

Les partisans d'un pouvoir royal fort se regroupèrent spontanément à droite du préside séance, tandis que ceux qui souhaitaient le limiter se rassemblèrent à gauche de ce même président.

Très rapidement, ces positions se pérennisèrent, les groupes se définissant par leur position dans l'assemblée.
 
D'autres noms d'emplacements, plus métaphoriques, apparurent (les montagnards pour les gens du haut des gradins...) mais ce sont les termes gauche et droite qui furent finalement adoptés sur le long terme, s'enracinant à l'époque de la Restauration.

Au final, les noms finirent par désigner les partis et les idées, et cette distinction s'étendit au reste de l'Europe, puis du monde.


Et  c'est ainsi que, quand un socialiste japonais, brésilien ou burkinabé se dit "de gauche", il fait référence sans le savoir à un groupe de Français qui, au XVIIième siècle, devaient décider du sort de leur dernier monarque absolu...

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vendredi 21 juin 2013

Le temps des yéyés

Mes parents, nés dans les années 40, ont eu pour jeunesse les Trente Glorieuses et ont commencé leur vie d'adulte dans les "sixties".

A entendre les gens qui l'ont connue, cette époque semble bénie. Au-delà de la simple nostalgie d'une jeunesse révolue, normale quelle que soit la génération considérée, il est vrai que c'est un moment particulier de notre histoire.

D'abord, la France d'alors était jeune. En effet, alors que la dénatalité avait angoissé nos dirigeants pendant de longues années, le baby boom, commencé aux alentours des années noires, avait complètement changé la donne.

Les enfants étaient nés très nombreux, et l'arrivée à l'âge adulte de cette classe majoritaire était en passe de changer le pays.

En effet, pour la première fois cette jeunesse devenait une génération propre, avec ses codes, ses ambitions, son envie de changement et son optimisme (le pays se reconstruisait de façon fulgurante, et son économie débordait de santé).

Pour la première fois apparaissait cette période qu'on appelle l'adolescence, cet entre-deux qui n'est ni l'enfance ni l'âge adulte et que les générations précédentes n'avaient pas connu, passant quasiment sans transition d'une période à l'autre.

Et l'un des codes de cette génération, peut-être le plus marquant, était la musique.

L'apparition de moyens individuels de diffusion (transistors et tourne-disques) avait permis l'éclosion de toute une génération de musiciens qui bousculaient le répertoire et les styles connus et dans lesquels se retrouvaient les jeunes de l'époque.

Leur inspiration anglo-saxonne, où le cri "Yeah!" était un classique, entraina le sociologue Edgar Morin à les baptiser, un peu par dérision pour cet espèce de mouvement apolitique et jouisseur, les yé-yés. Le nom est resté.

Lorsque j'étais enfant, mes parents regardaient souvent des émissions souvenir sur la musique de ces années-là, leur jeunesse. J'ai donc été vite familiarisé avec toute cette scène musicale, les Scopitones, le Golf Drouot, Salut Les Copains, les idoles, etc.

Cette musique me plaisait à l'époque, comme tout gamin aime ce que ses parents lui montrent par défaut. Puis quand je suis devenu adolescent, mon opinion a commencé à changer.

Tout d'abord, les paroles des titres de l'époque me faisaient rire par leur mièvrerie. Ensuite lorsque j'ai découvert que 90% des hits yéyés n'étaient que des reprises de titres anglais ou américains déjà amortis avec des paroles en français, cela m'a semblé la pire des trahisons et une pratique profondément méprisable.

A cette période de ma vie, j'écoutais surtout des chansons en anglais, de l'"authentique", du "vrai rock", enterrant bien vite les yéyés au rayon des anachronismes ridicules et honteux.

Et puis peu à peu je suis revenu sur ces opinions un peu trop tranchées.

La première pierre dans mon jardin fut de découvrir que les Anglais, mes authentiques Anglais!, avaient fait exactement la même chose que les yéyés hexagonaux.

En effet, les hits qui ont lancé les Animals, les Rolling Stones ou tant d'autres n'étaient que des reprises de succès américains, généralement écrits par des noirs et parfois déjà passés par une première relecture par des Américains blancs (qu'on se souvienne d'Elvis Presley, dont la renommée fut lancée par la reprise du blues "That's all right, Mama").

Et comme nos yéyés, nombre de groupes britanniques de l'époque ne dépassèrent pas la période des années 60, faute d'avoir su se recycler et faire autre chose.

Je me suis aperçu que ce processus de nationalisation des hits américains avait d'ailleurs touché la plupart des pays européens.

Cette intuition s'est confirmée le jour où je suis tombé, dans un ferry de la Mer Baltique, sur un orchestre grisonnant qui reprenait tous les tubes chéris par mes parents...mais en suédois!

Autre surprise, le succès de "My way" de Frank Sinatra, basé sur la mélodie du "Comme d'habitude" de Claude François, tout comme celui de "If you go away" de Ray Charles, repris du "Ne me quitte pas" de Brel, montrent que les échanges ne se faisaient pas que dans un sens.

Enfin, de cette époque sont sortis de vrais artistes, qui ont su transformer l'essai et passer à autre chose, murir. Les carrières de Johnny Hallyday, de Claude François, de Dalida, de Serge Gainsbourg et de tant d'autres ont commencé par quelques hits yéyés.

Aujourd'hui, lorsqu'on écoute des titres yéyés, il en ressort un parfum d'optimisme un peu niais, une sorte de joie qui a bien disparu de tout ce qu'on a pu entendre ensuite, laissant l'image lénifiante d'une époque tranquille et à l'eau de rose.

C'est oublier un peu vite la ferveur qu'ils suscitaient à l'époque, ferveur qui s'accompagnait de débordements de fans dignes de ceux qui viendraient plus tard écouter Bérurier noir ou Booba.

On peut citer les villes interdisant Johnny Hallyday parce que ses fans cassaient les fauteuils dans les salles de spectacle.

On peut aussi parler de la "folle nuit de la nation" du 22/06/1963, où le concert gratuit organisé par Salut les Copains place de la Nation a vu converger une foule énorme, dont certains membres se sont mis à vandaliser le mobilier urbain, à brûler des voitures et à combattre les forces de l'ordre.

En fait, cette musique c'est finalement la BO des Trente Glorieuses hexagonales, la version française d'une pop / rock à base américaine qui commençait à s'imposer au monde et accompagnait la naissance de la jeunesse en tant que groupe social à part entière. Ni plus ni moins.

jeudi 20 juin 2013

Petite et grande histoire

Comme nombre de mes posts le soulignent, je suis fasciné par les effets secondaires des grands événements, par les rencontres improbables et par ces moments où la petite histoire rejoint la grande.

Dans cet ordre d'idée, je voudrais ici parler de ces quelques gens ordinaires qui ont fait une découverte importante, que ce soit par les répercussions qu'elle a pu avoir sur l'économie, l'histoire ou encore la culture, et cela sans que rien ne les ait prédestiné à ça.

La grotte de Lascaux, site préhistorique majeur tellement connu que ses dessins figurent sur toute publication qui se respecte sur l'âge des cavernes, a été découverte en 1940.

Ce ne fut ni par des spécialistes ni par des chercheurs, mais par une bande d'enfants dont le chien, poursuivant un lapin, tomba sur un trou étrange. Intrigués, les jeunes essayèrent de le visiter, avant de tomber devant ces incroyables peintures.

La vie de Marcel Ravidat, le propriétaire du chien et le principal découvreur du site, fut profondément marquée par cet événement.

Qumran est un site de Cisjordanie, désertique et très difficile d'accès. Toujours dans les années 40, Muhammed edh-Dhib Hassan, un pâtre bédouin, y trouva en recherchant l'une de ses bêtes entrée dans une grotte, de grandes jarres.

Ces jarres contenaient des rouleaux très anciens dont la valeur s'avéra inestimable: il s'agissait en effet des manuscrits de la Mer Morte, soit les plus anciens manuscrits hébraïques connus à ce jour.

Le plus vieux d'entre eux est une version du livre d'Isaïe qui date du 2ième siècle avant Jésus-Christ.

Cette découverte fut un événement majeur pour les sciences bibliques, et en vendant ces documents à un antiquaire, lequel le revendit à un historien israélien, Muhammed edh-Dhib Hassan ne pensait sans doute pas à l'importance de ce qu'il avait trouvé. Je n'ai par contre aucune idée de ce qu'il est devenu...

Le site de Hassi Messaoud, berceau de la puissance pétrolière algérienne, a également été découvert par un berger au début du vingtième siècle.

Celui-ci, cherchant de l'eau dans cette région saharienne, trouva un puits et également un site pétrolier (qui ne l'intéressait évidemment pas).

Un village portant son nom fut fondé, qui vécut une vie sans histoire jusqu'à ce qu'en pleine guerre d'Algérie, une compagnie pétrolière française redécouvre le potentiel du lieu, puis qu'à l'indépendance l'état algérien nationalise ce qui deviendrait sa principale source de revenus jusqu'à nos jours.

Le destin du clan Messaoud est par contre plus triste puisqu'ils ont été écartés des gains colossaux générés par leur puits, traités par le pouvoir comme des Indiens ou des Aborigènes. A l'heure actuelle, leurs protestations semblent n'avoir pas donné grand-chose...

A Tres Zapotes, au Mexique, c'est encore des paysans qui mirent à jour la première tête colossale olmèque, découverte qui donna le point de départ de l'étude de cette fascinante civilisation précolombienne, à l'époque inconnue.

Enfin, je terminerai en revenant en France pour parler de la personne à l'origine de la résolution du mystère de la mort d'Antoine de Saint-Exupéry, disparu en avion à la fin de la seconde guerre mondiale.

Il s'agit du patron pêcheur marseillais Jean-Claude Bianco, qui ramena dans ses filets une gourmette au nom de l'illustre auteur du Petit Prince.

Sa vie fut changée par cet événement car il fallut pas moins de quatre ans pour trouver l'épave de l'avion, quatre ans pendant lesquels sa bonne foi fut mise en doute, y compris dans la presse, entachant sa réputation.

Blessé, il reconnait néanmoins que cet événement lui permit de découvrir l'auteur, dont il se déclare même assez proche...