Dans les années 70-80, Gérard Lenorman était une star de la variété française. On l'entendait beaucoup à la radio, on le voyait à la télé, il remplissait les salles de concert.
Comme C. Jérôme ou d'autres artistes de cette époque et de ce courant musical un peu méprisé, je ne peux pas dire si je l'aimais ou pas.
Mais c'était une personnalité familière et ses chansons positives et simples comme la gentillesse qui émanait de lui inspiraient spontanément la sympathie.
Cette sympathie s'est accrue quand plus âgé je l'ai entendu parler de sa vision du monde et de sa triste jeunesse "d'enfant de boche".
Il semblait avoir beaucoup souffert et être quelqu'un de gentil, au sens premier et noble du terme.
Sa chanson Les matins d'hiver, dont je vais parler aujourd'hui, date d'avant ma naissance.
Il y raconte les souvenirs d'enfance d'un petit garçon allant à l'école avec son frère et y rêvant d'ailleurs paradisiaques en opposition avec le froid de l'hiver.
Sur le titre proprement dit je n'ai pas grand-chose à dire.
La musique est simple et le texte bien écrit, dans un langage accessible bien qu'utilisant parfois des mots surprenants (la douce chaleur que nous "prodiguait" le vieux poêle), et les images sont joliment rendues.
Mais ce morceau est spécial pour moi car c'est précisément à l'école primaire que je l'ai découvert, ma maîtresse nous l'ayant fait étudier je ne sais plus dans quel but.
De ce fait, en une sorte de mise en abyme il me rappelle ma propre enfance, ma propre école et les frères avec qui je m'y rendais moi aussi.
Cet écheveau de souvenirs fait que cette chanson me touche à chaque fois que je l'entends.
Quand Lenorman parle du froid sur le chemin, je me revois marchant sur la petite route qui me séparait de l'école.
Le poêle qu'il évoque prend la forme de celui qui réchauffait notre petite salle (et où un camarade s'était brûlé la main).
Je revois également mes frères m'accompagnant, le plus grand qui a quitté ce monde trop vite, et les deux petits, qui ont autant vieilli que moi.
Avec le temps ces souvenirs s'éloignent et deviennent de plus en plus flous.
Faute d'enfants l'école, déjà une classe unique quand j'y étais, est fermée pour de bon depuis des décennies, et la neige aussi se fait rare.
Mais ce monde disparu et le petit moi de l'époque me sont précieux, et Les matins d'hiver les ressuscitent à chaque fois que j'entends ce morceau.
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