jeudi 20 juin 2013

Petite et grande histoire

Comme nombre de mes posts le soulignent, je suis fasciné par les effets secondaires des grands événements, par les rencontres improbables et par ces moments où la petite histoire rejoint la grande.

Dans cet ordre d'idée, je voudrais ici parler de ces quelques gens ordinaires qui ont fait une découverte importante, que ce soit par les répercussions qu'elle a pu avoir sur l'économie, l'histoire ou encore la culture, et cela sans que rien ne les ait prédestiné à ça.

La grotte de Lascaux, site préhistorique majeur tellement connu que ses dessins figurent sur toute publication qui se respecte sur l'âge des cavernes, a été découverte en 1940.

Ce ne fut ni par des spécialistes ni par des chercheurs, mais par une bande d'enfants dont le chien, poursuivant un lapin, tomba sur un trou étrange. Intrigués, les jeunes essayèrent de le visiter, avant de tomber devant ces incroyables peintures.

La vie de Marcel Ravidat, le propriétaire du chien et le principal découvreur du site, fut profondément marquée par cet événement.

Qumran est un site de Cisjordanie, désertique et très difficile d'accès. Toujours dans les années 40, Muhammed edh-Dhib Hassan, un pâtre bédouin, y trouva en recherchant l'une de ses bêtes entrée dans une grotte, de grandes jarres.

Ces jarres contenaient des rouleaux très anciens dont la valeur s'avéra inestimable: il s'agissait en effet des manuscrits de la mer morte, soit les plus anciens manuscrits hébraïques connus à ce jour.

Le plus vieux d'entre eux est une version du livre d'Isaïe qui date du 2ième siècle avant Jésus-Christ.

Cette découverte fut un événement majeur pour les sciences bibliques, et en vendant ces documents à un antiquaire, lequel le revendit à un historien israélien, Muhammed edh-Dhib Hassan ne pensait sans doute pas à l'importance de ce qu'il avait trouvé. Je n'ai par contre aucune idée de ce qu'il est devenu...

Le site de Hassi Messaoud, berceau de la puissance pétrolière algérienne, a également été découvert par un berger au début du vingtième siècle.

Celui-ci, cherchant de l'eau dans cette région saharienne, trouva un puits et également un site pétrolier (qui ne l'intéressait évidemment pas).

Un village portant son nom fut fondé, qui vécut une vie sans histoire jusqu'à ce qu'en pleine guerre d'Algérie, une compagnie pétrolière française redécouvre le potentiel du lieu, puis qu'à l'indépendance l'état algérien nationalise ce qui deviendrait sa principale source de revenus jusqu'à nos jours.

Le destin du clan Messaoud est par contre plus triste puisqu'ils ont été écartés des gains colossaux générés par leur puits, traités par le pouvoir comme des indiens ou des aborigènes. A l'heure actuelle, leurs protestations semblent n'avoir pas donné grand-chose...

A Tres Zapotes, au Mexique, c'est encore des paysans qui mirent à jour la première tête colossale olmèque, découverte qui donna le point de départ de l'étude de cette fascinante civilisation précolombienne, à l'époque inconnue.

Enfin, je terminerai en revenant en France pour parler de la personne à l'origine de la résolution du mystère de la mort d'Antoine de Saint-Exupéry, disparu en avion à la fin de la seconde guerre mondiale.

Il s'agit du patron pêcheur marseillais Jean-Claude Bianco, qui ramena dans ses filets une gourmette au nom de l'illustre auteur du petit prince.

Sa vie fut changée par cet événement car il fallut pas moins de quatre ans pour trouver l'épave de l'avion, quatre ans pendant lesquels sa bonne foi fut mise en doute, y compris dans la presse, entachant sa réputation.

Blessé, il reconnait néanmoins que cet événement lui permit de découvrir l'auteur, dont il se déclare même assez proche...

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