vendredi 20 septembre 2013

Héritages de l'hexagone (5): Japon, lunettes et mangas

Si l'influence française au Japon n'est pas très connue dans l'Hexagone, elle existe pourtant bel et bien. Notre culture y a été une source d'inspiration certaine, et le français a même longtemps été la deuxième langue étrangère étudiée dans l'archipel.

On retrouve cette influence dans certains mangas, notamment des œuvres qui ont été importées en France a posteriori.

Comme exemples, je donnerais les trois séries suivantes, toutes connues par les gens de mon âge:

1. La rose de Versailles est un manga de 1972. L'histoire est celle d'Oscar, la fille d'un général qui, désespéré de n'avoir pas eu de fils, l'a élevée comme un homme.

Éprouvée à l'art du combat et de l'escrime, elle gravite dans l'entourage de la reine Marie-Antoinette, personnage important de l'histoire, dont elle devient la responsable de sa protection. En grandissant, Oscar découvre les problèmes du pays qui aboutiront à la Révolution.

Le succès de cette œuvre au Japon fut très important et entraina une hausse des visites du château de Versailles par les touristes japonais.

En France, il faut surtout connu par son adaptation en dessin animé sous le nom de Lady Oscar.

2. Lupin III est un manga créé en 1967. Il raconte l'histoire d'un petit-fils d'Arsène Lupin, le célèbre gentleman cambrioleur, qui lui aurait indirectement légué ses secrets dans l'art de la cambriole.

Les ayants-droits de Maurice Leblanc n'ayant pas été consultés, le nom de Lupin ne fut pas autorisé à être utilisé, ce qui entraina l'usage de différents pseudonymes plus ou moins explicites. Ainsi la série est arrivée chez nous sous le nom d'Edgar le détective cambrioleur.

Peu à peu, le nom de Lupin III s'est cependant imposé partout à l'étranger, et depuis l'an dernier il est libre de droits, ce qui va simplifier son identification.

L'histoire est celle des aventures de ce voleur hors du commun, avec ses associés, sa jolie maitresse et rivale, et le tenace et malchanceux policier qui essaye épisode après épisode de l'arrêter. Ce dernier est identifié comme le petit-fils de Heiji Zenigata, héros de romans policiers connus au Japon.

Au moins un long métrage a été tiré de la série.

3. Enfin il y a l'excellente série Cobra, créée en 1978 et rendue célèbre chez nous par la série télé (dont plus jeune j'étais un grand fan).

Le héros, Cobra, est un aventurier dont la guilde des pirates de l'espace a juré la mort et qui dispose d'une arme sans équivalent: le psycho gun (bizarrement traduit par "Rayon delta" en VF), un canon à la puissance dévastatrice dissimulé dans son bras et dont il guide le rayon par son esprit.

Il vit dans un vaisseau avec son androïde féminin Armanoïde, enchainant les aventures au gré des rencontres.

L'influence française dans Cobra est indirecte mais bien réelle puisque l'auteur reconnait que le style de son personnage lui a été inspiré par Jean-Paul Belmondo dont il était un grand fan. 

Et c'est vrai que Cobra a la gouaille, le flegme humoristique, le côté séducteur et même un peu des traits de notre Bebel national.

Et c'est avec un autre acteur français très apprécié au Japon que je terminerai ce post: Alain Delon. 

Très connu en Asie, celui-ci a même donné son nom à une marque de lunettes de soleil, qui a inspiré cet étrange site où l'auteur a photographié chaque jour une personne portant les lunettes de la célèbre star.

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