mercredi 19 octobre 2016

Raymond Devos

Mon post d'aujourd'hui va évoquer Raymond Devos, ce comique hors normes qui nous a quitté en 2006, que j'aimais beaucoup et auquel m'attache le souvenir d'une occasion manquée.

En effet, il était passé un jour dans la ville où j'étais étudiant, et le prix de la place, exorbitant pour mon budget de l'époque, a fait qu'à mon grand regret je n'y suis pas allé. Et que du coup je n'irai jamais...

J'ai toujours aimé ce personnage étrange, sa poésie, son rapport à la langue et à l'absurde.

Raymond Devos était né en Belgique dans les années 20, dans une famille bourgeoise qui finit désargentée, ce qui l'empêcha de mener à terme ses études. Il semble que ce point complexa cet autodidacte talentueux toute son existence.

Ses parents, tous deux musiciens et mélomanes, lui transmirent leur goût pour la musique et les arts en général.

Par ailleurs il développa très tôt une grande attirance pour le spectacle, les forains, les mimes, le cirque et les artistes de rue. Progressivement, il entreprit de rejoindre ce monde, tout en vivant en parallèle de mille et un petits métiers comme on pouvait le faire à l'époque.

Il commença à être connu dans les années 60, toujours en tournée et passant régulièrement à la télé. C'est là que je l'ai découvert, je ne sais plus à quel âge et dans quelle émission.

Son style était inimitable.

Vêtu d'un costume avec nœud papillon et bretelles, il enchaînait des sketchs où, dans un langage châtié, il jouait avec les mots et les situations absurdes.

Certains numéros partaient d'un aspect étrange de la langue française, comme le fait qu'on dise un "bout de bois" alors qu'il y a toujours deux bouts à un bois, ou encore la conjugaison étrange du verbe ouïr.

D'autres convoquaient l'actualité du moment, comme les minorités agissantes ou le racisme, ou bien viraient vers le fantastique ou l'occultisme, comme la quatrième dimension ou le célèbre possédé du percepteur.

Mais toujours il plaçait ses protagonistes dans des situations surréalistes et absurdes.

Ses spectacles étaient ponctués par des interludes musicaux exécutés par son pianiste ou par lui-même (il pratiquait un nombre assez incroyable d'instruments), par des jongleries, des mimes ou des expériences physiques amusantes qu'il avait imaginées.

J'aime beaucoup la façon dont il torturait la langue française, son art d'inventer ou de positionner des situations absurdes, et l'ambiance qu'il savait susciter.

De plus, de ce personnage obèse et assez laid émanaient une malice et un enthousiasme quasi enfantins, qui avaient le don de m'emporter et de recréer le monde un peu magique, plein de promesses et sans méchanceté auquel on associe l'enfance.

Devos donnait enfin toujours l'impression d'aimer profondément ce qu'il faisait, même à quasiment 80 ans, ce qui me touchait.

Le côté jeu de mots de ses sketches peut rappeler le duo Les frères ennemis, le côté clownesque fait penser à Coluche, l'art de la mimique à son contemporain Fernand Raynaud, mais il reste un OVNI sans équivalent, et pour moi l'image d'un artiste original et complet.

Quelques sketches:

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