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samedi 22 novembre 2025

Racines chrétiennes

La France fut longtemps qualifiée de fille aînée de l’Église.

En effet, à partir du baptême de Clovis selon l'historiographie officielle, notre état se construisit sur et par le christianisme, progressivement instrumentalisé, confisqué ou contrôlé par le pouvoir politique.

Selon les périodes, plusieurs confessions cohabitèrent, mais c'est le catholicisme qui finit par avoir la primauté.

Il s'imposa de manière inflexible et combattit toutes les alternatives, les détruisant définitivement comme dans le cas des ariens, des cathares ou des jansénistes, ou de manière incomplète comme dans celui des protestants.

En parallèle, la religion mère du christianisme, le judaïsme, exista toujours sur le territoire français, ses fidèles, très minoritaires, étant plus ou moins tolérés et régulièrement persécutés, mais ne disparaissant jamais.

Notons aussi la persistance de superstitions et d'autres traditions issues d'anciens cultes, souvent en milieu rural, qui furent combattues ou intégrées par la religion majoritaire.

Notons enfin une parenthèse musulmane lorsque les armées arabes eurent conquis une partie du sud du territoire, avant d'en être chassés.

Malgré ces petites exceptions, on peut cependant dire que jusqu'à la révolution française, l'église catholique constitua l'ossature administrative et spirituelle de la France.

Son calendrier rythmait la vie communautaire, villes et villages étaient construits autour de ses églises, elle avait en charge l’ancêtre de l'état civil, sous la forme de registres paroissiaux, s'occupait des hôpitaux et de l'éducation, etc.

Lorsque l'Ancien Régime fut renversé, la république eut pour projet d'arracher le peuple à l'église catholique.

Au début le combat fut frontal et très violent: mise en place d'un culte de l'Etre suprême, d'un calendrier révolutionnaire, d'un baptême civil, et dans un sursaut du gallicanisme, obligation pour les prêtres de prêter serment à l'état.

Devant les résistances, une impitoyable répression fut menée contre les récalcitrants, dont certains comme les chouans, avaient pris les armes, les catholiques se retrouvant ironiquement dans la position des cathares et des camisards qu'ils avaient combattus les siècles précédents.

La dictature de Bonaparte mit fin à cet épisode sanglant en instaurant un nouvel équilibre religieux.

L'empereur confirma que l'Etat passait avant tout, mais aussi que le catholicisme était la religion de la majorité des Français, lui donnant une primauté implicite.

En parallèle il obligea Juifs et Protestants à s'organiser de façon à lui fournir des interlocuteurs.

Cet équilibre dura un petit siècle, avant que la fin du Second Empire et l'avènement de la troisième république ne relancent les hostilités avec l'église catholique, hostilités qui aboutirent à la mise en place du régime laïc, cette incongruité sur notre planète souvent mal comprise et caricaturée.

En gros, l'Eglise perdit tous ses pouvoirs temporels en France, son bâti d'avant la loi de séparation devint propriété de l'Etat, qui leur en laissa le droit de jouissance, ses curés ne furent plus fonctionnaires, à l'exception de ceux qui avaient été ordonnés avant la loi, et plus rien de régalien ne leur fut laissé (même s’ils purent conserver une partie de l’éducation).

Le changement fut difficile et les résistances nombreuses, mais l'équilibre se rétablit avec la Première Guerre Mondiale, quand tout le monde se retrouva d'abord français face à l'ennemi.

Depuis lors s'est installé le modus vivendi que nous connaissons encore.

A côté de ces aspects légaux, on constate que la France vit une déchristianisation progressive mais massive, le nombre de gens se déclarant sans religion augmentant sans cesse avec les années.

Il semble même que sous le double effet de cette désaffiliation et d’une immigration majoritairement non chrétienne, la part catholique du pays soit récemment passée pour la première fois sous les 50%.

Quelques autres pays d'Europe, comme le Royaume-Uni, sont dans le même cas (cf. cette enquête) et d'une manière générale le retrait de la religion progresse sur notre continent.

Ce constat n'efface cependant pas la trace profonde du christianisme sur l'Europe et de sa version catholique sur la France.

C'est pourquoi l'opposition à la mention des racines chrétiennes de l'Europe dans le préambule à la constitution de l'UE m'avait semblée absurde.

Jacques Chirac, le président français de l'époque, avait même poussé la malhonnêteté jusqu'à revendiquer des racines musulmanes à la France (!).

Si la France et le monde musulman ont des liens très anciens, la religion de Mahomet y a été anecdotique et sans influence jusqu'au moins le milieu du vingtième siècle.

Ce n'est ni stigmatisant ni discriminant de le rappeler, ça ne présage pas de la suite, ça ne veut pas dire que l'islam n'a pas sa place, c’est juste un rappel de la réalité.

Cette position de la France d’alors va dans le sens de cette tendance étrange de l'Occident au reniement de son héritage, comme si le futur ne valait que si l'on faisait table rase du passé et que ce dernier était uniformément noir, condamnable, honteux et à jeter. 

L’élan présidentiel chiraquien n'est d'ailleurs pas unique, les préconisations de Bruxelles de débaptiser les fêtes chrétiennes ou de promouvoir le voile vont dans le même sens. 

Cette espèce d'iconoclasme et de xénophilie dévoyée me semblent profondément malsains. Avec ses bons et ses mauvais côtés, le christianisme fait partie de notre héritage. Pourquoi faudrait-il le renier, le cacher ou faire comme si ce n'était pas le cas?

Et pourquoi faudrait-il moins s'indigner quand on s'y attaque? Parce qu'on constate aussi que les violences anti chrétiennes font rarement la une des medias et sont systématiquement minimisées, qu'elles aient lieu à l'étranger, comme si ces minorités-là ne comptaient pas, ou sur notre sol.

Cette vidéo souligne l'ampleur du phénomène en France, et le quasi silence qui l'entoure inexplicablement, comme si l'on considérait que ces étaient fatals, sinon "normaux".

Quand il s'agit de meurtres, comme ceux du père Hamel et du père Panon (encore que pour ce dernier le mobile religieux est plus flou), on a quelques petites news, mais on ne s'étend guère, comme généralement lorsque c'est motivé par l'islam ou le fait de musulmans, qu'il s'agisse du Pakistanais s'exhibant sur un autel, du vandalisme criminel d'églises (à Rilleux-la-pape, à Paris ou à Marseille), des cimetières tagués en Dordogne ou à Castres, ou encore des provocateurs priant Allah dans des églises comme cet influenceur de Strasbourg.

Tout comme nous sommes majoritairement blancs de peau, nous sommes majoritairement d'ascendance catholique, et cette religion a imprégné nos lois, nos habitudes, notre urbanisme, nos constructions et jusqu'à notre langue.

Pour la plupart des gens il n'est plus question de considérer que pour être Français il faut être blanc et catholique, et c'est heureux, mais cet héritage est une réalité, pour quelle raison ne pas l'admettre, pourquoi le rejeter et ne pas le défendre quand c'est le cas?

Cette attitude est d'autant plus stupide à notre époque de revendications identitaires, et nous ferions bien de prendre garde à ce que le christianisme abandonné ne soit, comme avant lui le patriotisme, récupéré que par les extrémistes.

jeudi 16 janvier 2020

Cinéma (22) : Ben-Hur

Ben-Hur.

Ce nom fait partie de ceux qui m'évoquent instantanément beaucoup de choses.

Un livre, un film, ma mère, dont c'était l'une des œuvres favorites, l'épopée, l'antiquité, le christianisme, les chars et les galères...

Je commence ce post alors que je viens juste de revoir l'immortel film de 1959, devant lequel j'ai retrouvé l'émotion intacte qui m'avait saisi la première fois, voici au moins 20 ans.

A l'origine il y a le livre Ben-Hur : A Tale of the Christ, écrit par l'Américain Lewis Wallace (dont la vie semble également avoir été un roman) et qui a été le roman le plus vendu aux États-Unis dans tout le 19e siècle.

Ce succès lui a valu de faire l'objet de plusieurs adaptations cinématographiques, la plus célèbre étant celle dont je vais parler aujourd'hui.

Le film Ben-Hur a été tourné par William Wyler, un Américain juif né dans l'Alsace allemande, et il a été le long métrage de tous les records: plus de 3h, 11 Oscars et des scènes entrées dans la légende, comme une course de char devenue un classique du cinéma.

Il raconte les tribulations d'un prince juif de Judée, Juda Ben-Hur, dont le chemin croise plusieurs fois celui de Jésus-Christ, ce qui l’amène à peu à peu se tourner vers la nouvelle religion inspirée par ce dernier.

L’histoire commence par les retrouvailles du prince et de son ami d’enfance Messala, un Romain devenu officier et revenu en Judée pour y prendre un haut poste militaire.

Bien vite, la relation entre les amis tourne à l’affrontement, leurs buts et idées s'avérant être devenues opposés, et sous un faux prétexte, Ben-Hur est envoyé aux galères par Messala, qui emprisonne aussi sa famille.

Doté d’une force de caractère peu commune, le jeune Juif parvient à survivre à plusieurs années d'enchaînement au banc de rame, où sa dignité préservée lui vaut d'impressionner l'officier romain qui commande sa galère.

Le bateau est coulé lors d'un affrontement avec des pirates, et Ben-Hur parvient à sauver cet officier du naufrage. Celui-ci le remercie en l'affranchissant, en l'adoptant puis en lui donnant la citoyenneté romaine.

Le héros passe alors quelques années à Rome aux côtés de son nouveau père, pendant lesquelles il rencontre des personnalités de l'empire et devient un champion de course de quadriges réputé.

Mais il garde toujours au cœur le désir de rentrer en Judée pour se venger et retrouver sa famille, et finit par retourner dans sa province natale, désormais administrée par Ponce Pilate.

Il va y affronter Messala dans l'arène, rêver de révolte juive, retrouver son amour de jeunesse et devenir finalement chrétien.

Ce film est marquant pour plusieurs aspects.

C'est tout d'abord un très grand spectacle: costumes somptueux, reconstitutions soignée, scénographie grandiose et performances techniques et visuelles impressionnantes.

Les décors en surimpression et les batailles de maquettes ont vieilli, mais ça ne choque pas, et soixante ans après, la légendaire course de chars qui oppose le héros à son ex-ami d'enfance reste haletante.

Le tournage de cette scène emblématique a d'ailleurs été une véritable prouesse, impliquant pas moins de 61 chevaux, 78 jours de tournage et cinq mois de préparation.

Je n'ai pas vu le film au cinéma, mais cela doit être fantastique. Il a d'ailleurs été tourné en utilisant des techniques particulières.

La distribution est également de très grande qualité, avec notamment Charlton Heston qui y gagna ses galons de superstar.

Ensuite il y a le monde antique, qui continue à fasciner 2.000 ans plus tard.

L'empire romain ne connut pas d'équivalent en Europe, tant en termes de durée que d'étendue. Le Saint Empire Romain Germanique, les Byzantins ou les Carolingiens, voire les Ottomans essayèrent en vain de recréer cet ensemble, dont l’influence et le rayonnement furent énormes et traversèrent les siècles.

On sait ainsi que la monnaie "dinar" qui existe encore aujourd'hui dans plusieurs pays est la descendante du "denier" romain, que le mot tsar en usage dans les pays orthodoxes est une slavisation de César, le nom générique des empereurs, que le mot "roum" par lesquels les Maghrébins désignent les Européens vient du mot "romain", etc.

Malgré les millénaires, tous les pays d’Europe qui ont appartenu à cet empire en conservent des traces et des héritages, et la langue de l'empire, qui a longtemps été celle de la culture et de la connaissance, continue d’être enseignée aujourd'hui.

Enfin, il y a le christianisme.

Jésus, s'il apparait peu, est en effet au coeur de l'histoire. On le voit seulement dans quelques scènes, toujours de dos et ne parlant pas (ce qui a tout de même valu au film d'être interdit par les Saoudiens), mais ses deux rencontres avec Ben-Hur sont des moments charnière pour le héros.

La première a lieu pendant le transfert de ce dernier vers les galères. Enchainé et à bout de force, il est sauvé de la mort par le Christ, qui le fait boire contre l'avis du légionnaire qui l'accompagne.

Lorsque ce dernier fait mine de s'y opposer, il s'avère incapable de soutenir le regard du Messie et renonce.

La deuxième rencontre a lieu lors de la Passion du Christ. Ben-Hur reconnait l'homme qui l'a sauvé et tente, en vain, de l'aider à son tour lorsqu'il trébuche sous la croix. De nouveau les deux hommes s'échangent un long regard.

Par ailleurs, le film reprend plusieurs scènes des évangiles, telles que la Nativité, on voit également Joseph s'exprimer et plusieurs personnages chrétiens témoigner et relayer son enseignement .

Enfin il se termine sur un miracle qui guérit Ben-Hur de sa haine et de sa rancœur en même temps qu'il sauve sa famille.

A l'époque où j'ai vu ce film j'étais très croyant et cette apparition m'avait bouleversé.

Aujourd'hui on peut dire que j'ai perdu la foi mais j'ai tout de même été très touché en revoyant ces scènes, et pas seulement parce que cela remue des choses de ma jeunesse.

En fait, il me semble impossible de ne pas être ému par le calvaire de cet homme, qu'on croit ou non à sa nature divine, et aussi par son idéal, même si bien des aspects en sont irréalistes.

La parabole du bon Samaritain est un exemple de tolérance et d'humanisme, la compassion qu'il eut pour Zachée ou la femme adultère forcent le respect, et qui pourrait rejeter ce commandement qu'il a donné et qui efface tout le Lévitique et ses règles aussi alambiquées que parfois absurdes ou révoltantes: "Aimez-vous les uns les autres" ?

La Bible, que j'ai beaucoup lue, est un livre contradictoire, parfois obscur. Elle contient de véritables atrocités et la vision du monde et des lois qu’ont les Juifs de l’Ancien Testament fait penser à celle des Saoudiens d’aujourd’hui.

Mais a contrario, les évangiles font à mon avis partie des grandes œuvres de l'humanité et l'enseignement de Jésus-Christ a sûrement encore quelque chose à offrir au monde contemporain.

mardi 9 février 2016

Sous la Bible et le Coran

Dans bon nombre de revues sont régulièrement publiées des cartes qui donnent la répartition des religions dans le monde.

Deux d'entre elles se taillent la part du lion: le christianisme et l'islam, dont les fidèles cumulés représentent plus de la moitié de la population du globe.

Sur ces cartes on voit pour chacune d'entre elles de larges zones bien délimitées, ce qui peut donner l'illusion d'une unité de croyance sur des kilomètres carrés, mais c'est bien souvent un leurre.

En effet, si ces grandes religions monothéistes, exclusives et prosélytes se sont diffusées massivement sur le Globe, leur présence n'est ni similaire, ni uniforme.

Elles varient énormément selon l'endroit, que ce soit dans leurs rites, leurs pratiques ou leur application. Il y a plusieurs explications à cela.

Déjà, leur diffusion fut bien souvent le fruit de l'épée.

Le christianisme s'est tout d'abord établi après la conversion d'un empereur romain, qui imposa ses vues à ses sujets, avant d'être exporté lors des vagues d'expansion coloniale européennes.

L'islam, quant à lui, s'est diffusé dans le sillage des armées arabes qui suivaient Mahomet, puis dans celui des conquérants turcs (Seldjoukides, Ottomans, Timourides...) et le long des routes commerciales qui rayonnaient à travers le Golfe et l'Afrique.

Pour l'une comme pour l'autre, les conversions n'étaient donc pas forcément dues à un appel intérieur, une vocation ou un choix des populations, mais pouvaient relever d'un intérêt bien compris ou être tout simplement imposées.

Dans ce dernier cas, il y eut des résistances plus ou moins fortes.

Celles-ci pouvaient être le fait de cultes pré existants: religions autochtones aztèques et incas ou mythologies nordiques pour le christianisme, hindouisme, bouddhisme, zoroastrisme ou christianisme pour l'islam par exemple.

Plus subtilement, elles pouvaient aussi relever de croyances moins organisées mais plus enracinées, de ces rites animistes ancestraux présents dans toutes les campagnes.

Dans les deux cas, si en surface la religion conquérante domine, on peut trouver encore aujourd'hui des traces de ces anciennes croyances.

Ce sont soit le fait de minorités n'ayant pas renoncé et ayant fini par trouver une place, précaire ou non (que l'on songe aux communautés juives, ou encore aux derniers zoroastriens d'Iran), soit des recyclages, des syncrétismes qui ne disent pas leur nom mais reprennent de vieux rites en les adaptant ou les renommant.

Parmi les cas les plus célèbres de religions camouflées il y a le vaudou antillais.

Ce culte venu de l'Afrique de l'ouest fut importé et conservé par les esclaves christianisés de force qui renommèrent leurs divinités du nom de saints catholiques pour donner le change.

Il y eut aussi les marranes, ces Juifs qui pratiquaient en cachette tout en se disant catholiques dans l'Espagne du XVIème siècle.

Mais au-delà de cela, il y a aussi des pérennités plus souterraines, des héritages non dits qui contribuent à nationaliser ou à régionaliser les religions, dont les populations converties font une version locale en se l'appropriant.

Cet aspect fascinant concerne notamment les pèlerinages et les fêtes.

Je vais donner quelques exemples intéressants.

Dans le monde chrétien, la Vierge Marie a souvent réincarné des déesses antérieures, comme la précolombienne Pachamama en Amérique latine.

Les rituels de fertilité de la Saint-Jean européenne remontent eux aussi à des temps très largement pré chrétiens.

Toujours en lien avec le feu, l'Iran, qui est une stricte république islamique, ne continue pas moins à célébrer la zoroastrienne fête du feu.

En Égypte, la mosquée Aboul-Hagag a été construite sur une église copte, elle-même construite sur un temple pharaon.

Dans ce lieu, des femmes viennent depuis l'Antiquité se frotter le ventre pour devenir fécondes, perpétuant une tradition hors d'âge.

Autre tradition réinventée en Égypte, pour le Mouled (nativité) des saints, beaucoup de rituels pharaoniques sont également recyclés, comme la barque du soleil.

Enfin, on ne compte pas les lieux ou les divinités pré monothéistes perpétués sous un autre habillage. 

Du Maroc à la Bretagne et de Bogota à Islamabad, les pèlerinages locaux ont été ainsi conservés au cours des siècles, ainsi que les saints ou les marabouts dont la vie et les pouvoirs reprennent des croyances d'avant Jésus ou Mahomet.

Quand on cherche un peu, on trouve donc beaucoup de choses sous la Bible et le Coran, et il y a bien souvent plus de points communs entre des compatriotes chrétien et musulman qu'entre des gens de même confession mais de pays différents.

Et du coup les grandes tâches colorées de nos cartes, tout comme les rêves de chrétienté universelle ou d'Oumma unie sont donc à relativiser...et j'ai envie de dire tant mieux.

Lien:

samedi 12 décembre 2015

Cinéma (9): Léon Morin, prêtre et la fin de la France catholique

Léon Morin, prêtre est le contre-exemple que l'on donne toujours à ceux qui estiment que Jean-Paul Belmondo n'est qu'un piètre acteur, cabotineur et cantonné aux films d'action.

Aimant beaucoup Melville et le sujet m'attirant par ailleurs, j'ai fini par regarder ce film.

L'histoire se déroule pendant l'Occupation allemande. L'héroïne est la veuve d'un juif communiste qui cache leur fille des Allemands, et qui par révolte va un jour provoquer un prêtre au confessionnal, en lui jetant son athéisme au visage.

Mais celui-ci ne réagit pas comme elle l'attendait et la suit sur son terrain, répondant avec à propos et aplomb à ses provocations et finissant par lui demander de continuer à venir le voir.

Un peu désorientée par cette réaction, elle va néanmoins relever le gant et aller chez lui un soir.

S'ensuivront de longues soirées de débat philosophique et théologique entre notre héroïne et Léon Morin, le curé, avec échanges de livres, coups de pouce et argumentations.

Peu à peu et s'en rendre compte, elle va succomber au charme involontaire et à la force de conviction de son interlocuteur, joué très finement par Jean-Paul Belmondo.

Elle finira par comprendre qu'elle en est tombée amoureuse et tenter de lui faire partager cette passion impossible.

Ce très beau film, austère et prenant, se termine par les adieux de Léon Morin, qui quitte la paroisse pour officier dans une montagne isolée.

En disant au revoir à son interlocutrice, il souligne que la France est désormais devenue une terre de mission pour l'église catholique.

Ce film a plus de cinquante ans, et l'on y parle déjà de déchristianisation.

A l'heure où islam et hindouisme semblent connaitre le mouvement inverse, j'ai voulu réfléchir à cette fin de la France chrétienne.

On n'en a plus vraiment conscience aujourd'hui, mais notre pays -et notre continent d'ailleurs- a été structuré, construit, développé autour du christianisme.

Avant les idées révolutionnaires et jusqu'à une date finalement récente, l'ensemble de la société civile s'organisait autour de l'église.

Hôpitaux, enseignement, suivi des naissances, mariages et décès, aide aux pauvres et nécessiteux, organisation professionnelle, découpage territorial, tout en France était le fait de l'église catholique.

Ne pas en être c'était la précarité, l'inexistence, l'hostilité, la mise au ban, voire l'élimination physique.

Les hérésies subirent ce rejet sous sa forme la plus brutale, certaines disparaissant dans le sang (les cathares), d'autres par l'exil et la dissimulation (huguenots).

Le judaïsme, seule autre religion tolérée, faisait l'objet de fréquentes flambées de haine.

Les comédiens, les suicidés subissaient l'opprobre de la communauté, l'excommunication était alors la pire des punitions.

Pour résumer, l'église catholique était au cœur de l'état, le pouvoir papal ayant pris le relais de l'empire romain comme force rassembleuse de l'Europe.

La sortie de cette époque fut le résultat d'une lutte longue et âpre entre cette puissance et les forces étatiques.

Ce combat commença lorsque les rois voulurent contrôler les structures et les hommes de l'église, ainsi que le pouvoir qui leur était associé.

Cette tentative prit des formes différentes selon le lieu et l'époque.

Le roi d'Angleterre créa sa propre église, placée sous son autorité jusqu'à aujourd'hui.

Le roi de France se déclara de droit divin et entreprit de désigner les évêques, fondant la doctrine dite du gallicanisme.

L'étape suivante fut l'édit de Nantes, par lequel Henri IV toléra officiellement l'existence du culte protestant en France (tolérance au premier sens du terme, plus semblable à la dhimma musulmane qu'à l'égalité des droits).

Mais la vraie rupture fut la Révolution et le début de la séparation de l’Église et de l'État, ce dernier devenant le seul interlocuteur légal de l'individu, quelle que soit sa religion.

L'état civil reprit alors les registres paroissiaux, et une version civile des sacrements principaux fut mise en place: mariages, enterrements et aussi baptêmes, dont la version civile semble connaitre un regain de popularité.

Parallèlement, les gouvernements prirent le contrôle des écoles et des programmes, inventant une morale civile, ainsi que celui de l'hôpital. Au début, l'uniforme des infirmières était d'ailleurs calqué sur celui des nonnes qui en avaient précédemment la charge.

Toutefois, si elle ne primait plus sur l'État, l'église catholique était quand même reconnue comme la religion de la majorité des Français, pour reprendre le mot de Napoléon.

A ce titre, elle faisait l'objet d'accords entre le Vatican et les gouvernements (les régimes concordataires) et restait très présente sur la place publique, où elle fut pleinement réintégrée quand elle reconnut la république et que la Papauté n'appela plus les catholiques à s'y opposer.

Elle fut aussi utilisée par l'État dans le cadre du projet colonial (échange de bons procédés puisque ces facilités lui procuraient un accès à de nouvelles masses à évangéliser).

La dernière étape qui acheva la séparation légale des deux pouvoirs fut la fameuse loi de 1905, qui est aujourd'hui devenue une icône en France .

Toutefois, malgré cet éloignement officiel de plus en plus marqué, la société française resta longtemps profondément catholique, et si la mairie devint incontournable, l'église demeurait elle aussi au cœur de la vie et n'en sortit que très lentement.

Dans tous les villages l'école privée, confessionnelle, était en rivalité avec l'école publique d'état, le curé faisait partie des notables, et les croyants prenaient l'avis des autorités religieuses pour de nombreux sujets (par exemple la liste des films regardables par les catholiques qui était placardée dans les églises jusqu'aux années 60).

Mais aujourd'hui, on peut dire que la rupture est consommée.

En effet, si en France une grande partie des gens continue à se faire enterrer selon le rite romain et souhaite un mariage à l'église, bien peu suivent sérieusement les règles du Vatican.

La crémation se développe, le Carême a quasiment disparu, la majorité des enfants naissent hors mariage, l'inculture biblique s'est généralisée et l'on estime qu'il y a dans l'ex-fille ainée de l'église moins de catholiques pratiquants que de musulmans pratiquants.

Les églises, désertées, sont de plus en plus nombreuses à être recyclées en tout autre chose ou en voie de démolition, au point d'alarmer des bénévoles (telle l'association 40.000 clochers).

La moyenne d'âge du personnel religieux est extrêmement élevée et les candidats à la prêtrise si rares qu'on doit de plus en plus faire appel à des curés étrangers.

Enfin, l'installation en France de communautés immigrées non chrétiennes à la religiosité plus vivante, islam en tête (encore que les musulmans français subissent eux aussi une crise des vocations à l'imamat dont on parle peu) a encore plus changé la donne et transformé ce pays longtemps homogène en une mosaïque où le christianisme n'est plus qu'une des variantes.

Qu'on se réjouisse de cette déchristianisation, comme nos élites culturelles, intellectuelles et politiques l'ont fait pendant les dernières décennies, qu'on le regrette ou s'en inquiète, la France n'est plus un pays catholique ni même chrétien.

La religion et la spiritualité n'ont pas disparu mais elles ont changé, sont moins formelles et plus individualistes, l'athéisme a progressé, les autres confessions aussi, et l'église catholique n'est définitivement plus l'ossature de notre société.

Toutefois, il me semble qu'on ne devrait pas faire comme si tout cela n'avait pas existé.

L'héritage de ces 1407 années (1) de prédominance catholique reste important. Cette empreinte a façonné notre pays de mille et une façons.

La géographie des communes organisées autour de la mairie recoupe l'ancien découpage en paroisses organisées autour de l'église.

Notre droit, avec un accusé qui doit se défendre face à un ministère public (au contraire d'autres traditions comme l'anglo-saxonne) est un héritage du catholicisme.

Notre vision centralisatrice et universelle a sans doute quelque chose à voir avec l'organisation de l'église catholique.

Notre calendrier reste celui de l'église catholique, à commencer par les fêtes religieuses.

Quant à notre langue, elle est truffée de références bibliques: qu'on me jette la première pierre, il a pris son chemin de Damas, je m'en lave les mains, adieu, etc, etc.

Il me parait malhonnête de le nier, et à ce titre les arguments quasi négationnistes de la France pour refuser d'approuver le préambule de la constitution européenne sur les racines chrétiennes me semblent un peu stupides (même si ce préambule n'est pas forcément nécessaire).

Savoir d'où l'on vient n'implique pas qu'on veuille y rester ni qu'on refuse ce qui vient d'ailleurs.

Et si la France ne se définit plus comme un pays catholique, il est clair que cette religion est l'un de ses héritages et de ses fondements les plus importants.




(1): si l'on prend la date -fantaisiste- de 498 qu'on donne comme celle du baptême catholique de Clovis pour début et la loi de séparation de 1905 pour fin.

vendredi 11 octobre 2013

Orthodoxes et schismatiques (7) - Les autres christianismes

Outre les trois principaux rameaux que j'ai évoqués dans mes précédents posts, le christianisme comporte un très grand nombre de branches plus modestes et moins connues.

Ce post va en évoquer quelques-unes, avant de finir sur des mouvements dits restaurationnistes, c'est-à-dire qui se veulent restaurer la vraie église.

1. Les chrétiens d'orient

Sous ce vocable un peu générique, on regroupe un grand nombre d'églises, souvent très anciennes et issues de la partie byzantine de l'empire romain.

Très nombreuses et divisées, elles se distinguent de leurs homologues occidentales par différents aspects.

Je n'entrerais pas dans les détails théologiques (très souvent incompréhensibles pour le néophyte) mais on peut noter que ces différences portent sur la conception de la Trinité (certains nient la nature humaine du Christ, d'autres sa nature divine, certains hiérarchisent les natures, etc.) les rites, les langues, le rapport avec la papauté et parfois la traduction de la bible utilisée.

De plus les traditions de monachisme et d'érémitisme sont très présentes chez les chrétiens d'orient, qui furent les premiers chrétiens à les pratiquer, parfois dans des versions extrêmes qui peuvent rappeler les saddhus indiens.

Quelques exemples de chrétiens d'orient:

Les chrétiens arméniens

On dit que l'Arménie est le plus ancien état chrétien du monde. L'église arménienne a été rejetée par les catholiques et les orthodoxes pour un point de doctrine. Sa langue liturgique est le grabar, une forme ancienne de la langue arménienne.

Du fait de l'importante diaspora arménienne, cette confession est présente dans de nombreux pays.

Les coptes

C'est sans doute la communauté la plus nombreuse. Elle est présente essentiellement dans deux pays.

Premièrement en Égypte, où elle est la minorité religieuse la plus importante (de 7 à 10%) et où on la trouve aux deux extrémités de la société, chez les plus riches et les plus pauvres. Sa langue liturgique est le copte, langue héritée de l’Égypte pharaonique.

S'ils sont globalement tolérés, les différentes constitutions égyptiennes les discriminent en leur interdisant les postes de pouvoir et ils sont régulièrement l'objet de vexations allant jusqu'au pogrome.

Deuxièmement en Éthiopie, où elle représente un peu plus de 40% de la population. L'église orthodoxe éthiopienne s'est détachée de l'église copte proprement dite depuis les années 60, mais on continue à lui donner ce nom.

C'est la confession des classes dirigeantes, celle des ex-empereurs. Sa langue liturgique est le guèze, langue morte d'où est issue la langue principale du pays, l'amharique, et elle s'appuie sur une version particulière de la bible, qui comprend de nombreux livres considérés comme apocryphes par la plupart des autres confessions chrétiennes.

L’Éthiopie est considérée comme le deuxième pays le plus anciennement christianisé au monde.

Les maronites

Venus de Syrie en fuyant les invasions musulmanes, les maronites représentent la plus importante communauté chrétienne du Liban. Leur nom vient de Saint Maron, leur premier patriarche, celui qui élabora leur liturgie avant leur exil.

Leur langue liturgique est majoritairement l'arabe, mais le syriaque, langue ancienne apparentée à l'araméen, est également utilisé.

Les maronites, qui se sont rattachés à la papauté, ont joué et jouent un rôle moteur dans le pays, qu'ils ont très longtemps dominé et où ils ont servi de pont avec l'occident.

Mais l'augmentation de la population musulmane, notamment due à l'afflux de réfugiés palestiniens, ainsi que la guerre civile, l'invasion syrienne et l'instrumentalisation des chiites pilotée par le Hezbollah et l'Iran ont fait perdre aux maronites leur position de force.

A l'instar des autres communautés du pays, ils vivent désormais dans une sorte de "paix armée", gardant jalousement leurs positions et territoires.

Leur diaspora dans le monde est très importante.

Les chaldéens et les assyriens

Ces deux communautés, très anciennes (les assyriens sont les héritiers de l'antique église nestorienne), vivent essentiellement en Irak et en Syrie.

Elles utilisent le syriaque comme langue liturgique et les villages où vivent leurs membres ont parfois l'araméen comme langue maternelle.

Ces églises sont dans une situation tragique aujourd'hui, minorités coincées dans des pays livrés à la guerre civile et proie des fondamentalismes islamiques qui les persécutent.

Le nombre de leurs fidèles ne cesse de baisser, une partie sans cesse plus importante émigre (depuis la seconde guerre du Golfe, le nombre des chrétiens d'Irak a été divisé par deux), et leur langue, qu'on dit par abus être celle du Christ, n'aura probablement plus de locuteurs d'ici une ou deux générations.

2. Les anglicans

L'anglicanisme est le nom de la religion officielle du Royaume-Uni. Cette religion est née d'un conflit entre le roi Henri VIII et le pape qui refusait l'annulation de son mariage. Le roi décida alors la rupture avec Rome et devint le chef de l'église d'Angleterre.

(On peut noter que des conflits de ce type entre les pouvoirs temporels et papauté ont eu lieu un peu partout eu Europe: gallicanisme en France, querelle des guelfes et des gibelins dans le saint empire romain germanique et en Italie, etc.).

Suite à cette rupture, qui s'accompagna d'une violente répression des catholiques, une nouvelle église se structura, à mi-chemin entre le protestantisme, auquel elle emprunta nombre de points de doctrine et le catholicisme, dont elle conserva notamment la hiérarchie.

Son primat est l'archevêque de Canterburry, et son chef le souverain anglais, donc actuellement la reine d'Angleterre.

Aujourd'hui cette église, qui a essaimé dans le monde entier en suivant l'expansion britannique, fonctionne de manière très largement décentralisée: on parle d'églises anglicanes au pluriel.

Pour terminer, je citerai deux rameaux particuliers du christianisme, deux églises qui se revendiquent seules chrétiennes mais ne sont pas forcément reconnues comme telles par les autres confessions, ce qui ne les empêche pas d'avoir de nombreux fidèles de par le monde et une assise territoriale confortables.

- Les mormons

Cette religion, dont le nom officiel est "Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours", a été fondée au XIXième aux États-Unis par Joseph Smith.

Celui-ci aurait reçu la visite de Dieu et de Jésus qui lui auraient indiqué que l'église de son temps s'étant éloignée de la vraie doctrine chrétienne, il serait celui qui la rétablirait dans la vérité.

Quelques temps après, c'est un prophète, Moroni, qui lui serait apparu et l'aurait guidé vers un ouvrage caché sur une colline, le livre de Mormon.

Ce livre raconte l'histoire de juifs installés dans l'Amérique précolombienne, et celle de leur chef, le prophète et guerrier Mormon.

Ce manuscrit vient compléter la Bible et constitue l'une des bases de la théologie des mormons (on trouvera aussi ultérieurement des écrits d'autres prophètes).

En raison de leurs croyances et de leurs mœurs (jusqu'en 1889 ils furent notamment polygames) les mormons furent dans un premier temps persécutés par les autorités américaines, parfois massacrés.

Ils s'installèrent alors en Utah, près du Lac Salé qui a donné son nom à la capitale de l'état (Salt Lake City), dans une région désolée au climat extrême où ils réussirent à s'acclimater au prix d'efforts très importants et d'une solidarité sans faille.

L'église mormone a depuis prospéré et s'est insérée dans la société américaine au point d'avoir fourni le candidat républicain à la dernière élection présidentielle. Leurs chefs ont abandonné la polygamie (à part une petite minorité hors-la-loi) et la discrimination raciale des débuts.

Pour les mormons l'alcool, le thé, le café et le tabac sont strictement prohibés. Il faut œuvrer à la diffusion de la bonne parole (d'où un réseau de missionnaires particulièrement zélés), et donner 10% de ses revenus à l'église.

Un aspect insolite de leur doctrine est l'accomplissement des sacrements pour leurs ancêtres morts, ce qui pousse les mormons à baptiser post mortem tous leurs ascendants identifiés.

Cette tâche énorme a conduit la communauté à devenir l'un des spécialistes mondiaux les plus performants en généalogie.

En effet, une partie importante des ressources de l'église est consacrée à remonter dans le temps pour rendre mormone les familles défuntes de leurs membres.

Les mormons sont ainsi à l'origine d'une norme XML pour les fichiers informatiques de généalogie (la norme GEDCOM) et de FamilySearch, l'un des sites les plus populaires de généalogie.

Un peu comme les protestants évangéliques, les mormons sont une communauté très soudée, très impliquée dans le monde, très moderne dans ses moyens et prosélyte.

- Les témoins de Jéhovah

Le mouvement des Témoins de Jéhovah est lui aussi né aux États-Unis, dans la deuxième moitié du XIXième siècle (1870).

Fondé par un protestant influencé par l'adventisme sous le nom d’Étudiants de la Bible, le mouvement se veut une restauration de la vraie doctrine chrétienne.

Les témoins de Jéhovah ont pour caractéristique une fermeture extrême au reste du monde, considéré globalement comme l’œuvre de Satan. D'où une tendance à vivre en vase clos qui les fait régulièrement accuser de sectarisme.

La discipline au sein du mouvement est très stricte, la vie privée n'existe pour ainsi dire pas, toute contestation ou remise en cause est combattue, et toute sortie du mouvement s'accompagne d'un rejet total de la personne, de l'interdiction de garder des liens avec elle, y compris familiaux.

Neutres politiquement, ils refusent tout ce qui a trait à l'état, comme le service militaire, le vote ou l'hymne national, ce qui leur a longtemps valu des ennuis, ainsi que les transfusions sanguines.

Ils rejettent également les fêtes chrétiennes traditionnelles (Noël par exemple), les anniversaires, et d'une manière générale sont complètement opposés à tout œcuménisme ou rapprochement avec quelque autre religion ou idée que ce soit.

Convaincus de l'imminence du retour du Christ, ils ont annoncé plusieurs dates pour la fin du monde (la dernière fois c'était en 1975), le dépassement de cette date entrainant généralement une crise au sein du mouvement, mais jamais sa disparition.

Malgré leur rejet du monde, ils considèrent de leur devoir de transmettre leur message à leurs contemporains.

L'accent est donc mis sur un prosélytisme zélé, que chacun a pu constater en croisant un jour un ou plusieurs témoins de Jéhovah tentant de le convaincre ou de lui fournir un exemplaire de la revue "La Tour de Garde".

Le mouvement a sa propre traduction de la Bible, parfois contestée par les autres chrétiens, avec lesquels ils ne sont pas d'accord sur plusieurs points de doctrine (ils récusent notamment le dogme de la Trinité). Ils pratiquent le baptême biblique par immersion à l'âge adulte.

Du fait de leur intransigeance, de leur fermeture et de leur désintérêt vis-à-vis de "La grande Babylone" que représente le monde extérieur (ils n'ont jamais cherché à être reconnus comme une église par exemple), les témoins de Jéhovah sont la plupart du temps en butte à la méfiance ou à l'hostilité, voire à la persécution du reste de la population.

Après ce petit tour d'horizon des différentes façons d'être chrétien, je vais m'attaquer à la troisième grande religion abrahamique, l'islam.